Luttes sociales

Nouveau coup porté contre les plus pauvres

L’État baisse de 30 millions sa subvention à Pôle emploi

Manuel Marchal / 26 juillet 2016

La Réunion compte près de 180.000 personnes inscrites à Pôle emploi. Le chômage est le principal problème à La Réunion, il est responsable d’un taux de pauvreté très important. Mais la France a choisi de mener une politique d’austérité. Les plus démunis doivent payer : l’État a réduit de 30 millions sa subvention à Pôle emploi.

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Près de 180.000 Réunionnais inscrits à Pôle emploi. L’Etat baisse sa subvention à Pôle emploi alors que les besoins sont considérables.

En réponse à la crise des subprimes en 2008, la plupart des gouvernements ont choisi de sauver à tout prix les banques en nationalisant des dettes privées. Cette crise financière s’est étendue à l’économie réelle. Deux possibilités s’ouvraient alors pour faire face : des investissements publics massifs (plan de relance), une réduction des dépenses publiques (austérité). Aux gouvernements de choisir vers où pousser le curseur. En Europe, sous l’impulsion des institutions financières, l’accent a été mis sur l’austérité.

Des pays comme la Grèce se sont mêmes vus dicter leur politique économique par le Fonds monétaire international, la Banque centrale européenne et la Commission européenne. Des coupes ont été décidées dans les budgets de la santé et de l’action sociale. Les pensions des retraités et les salaires des fonctionnaires ont baissé, ainsi que les droits des travailleurs. En Grèce, même un changement de gouvernement décidé par les électeurs, puis le vote d’un référendum refusant un plan d’austérité, n’ont pas réussi à rompre avec cette orientation.

Le choix de l’austérité

Sous la présidence de Nicolas Sarkozy, la France s’est également engagée sur la voie de la baisse des dépenses publiques. L’arrivée au pouvoir d’une autre majorité en 2012 n’a pas changé cette politique. Elle s’est même accentuée. Ainsi, le gel des dotations aux collectivités s’est transformé en un baisse de 11 milliards sur trois ans. Cela s’intègre dans un plan d’économies de 50 milliards touchant également la Sécurité sociale et la fonction publique. Les conséquences de la guerre dans laquelle la France s’est engagée au Moyen-Orient et en Libye pèsent lourds. Elles ont renforcé l’insécurité, comme le soulignent les attentats perpétrés le 13 novembre à Saint-Denis et Paris, et celui du 14 juillet à Nice. Paris a fait le choix de renforcer les budgets de l’armée, de la police et de la justice ce qui nécessitera des arbitrages pour diminuer les ressources d’autres actions de l’État.

Double peine pour les travailleurs

À moins d’un an de l’élection présidentielle, le gouvernement a néanmoins fait quelques concessions. Il a ainsi promis une augmentation du salaire des fonctionnaires. À Paris, une baisse de la CSG payée par les retraités aux revenus modestes est aussi évoquée. Mais cela ne remet pas en cause l’orientation suivie depuis plus de 5 ans par la France.

C’est ce que rappelle la décision du gouvernement de baisser de 30 millions la subvention qu’il verse à Pôle emploi.

Le principal service de lutte contre le chômage est financé à un tiers par l’État, et aux deux tiers par les salariés et les patrons. Il est donc la cible des restrictions budgétaires imposées par le gouvernement. Or, ce sont les travailleurs qui sont les premières victimes de la crise imposée par un système économique au service des profits pour les plus riches. Ils se voient ainsi infliger une double peine par un État qui devrait au contraire les protéger : à la perte de l’emploi s’ajoute la diminution des crédits alloués à la recherche d’un travail.

10 milliards pour les plus riches

Une telle décision aura des conséquences à La Réunion, car près de 180.000 Réunionnais sont inscrits à Pôle emploi. Cela représente près d’une personne sur trois en âge de travailler. Le chômage de masse est le principal responsable de l’appauvrissement de la population. Mais dans le plan d’austérité, les chômeurs devront passer à la caisse. Ce sont donc les plus démunis qui sont mis une nouvelle fois à contribution.

Pendant ce temps, la Banque centrale européenne a choisi de racheter pour plus de 10 milliards de dettes de grandes entreprises européennes, avec comme principales bénéficiaires des stars du CAC 40. C’est un nouveau cadeau offert à des actionnaires qui n’en ont pas besoin. Pas une voix ne s’est élevée dans le gouvernement et chez ses amis à La Réunion contre cette nouvelle injustice, révélatrice d’une politique privilégiant les intérêts des plus riches.

M.M.


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