Luttes sociales

Nouveau succès pour la mobilisation en France

Encore près de 3 millions de manifestants en France

Témoignages.re / 4 octobre 2010

Fait inhabituel, les syndicats ont décidé de défiler un samedi. Cela a permis à de nombreux travailleurs du privé de participer à la mobilisation.

Fait rare dans l’histoire sociale, les syndicats avaient choisi un week-end pour manifester afin de limiter le sacrifice consenti par leurs sympathisants en journées de salaire perdues et de faire venir de « nouveaux publics ».
Pour Bernard Thibault, cette diversité dans les cortèges, c’est même « le fait politique principal » de cette nouvelle journée d’action.
Les dirigeants syndicaux, qui se réuniront lundi pour affiner leur stratégie, ont exhorté le gouvernement à sortir de son « blocage ».
Si les grandes centrales divergent sur le bien-fondé d’une grève reconductible, elles ont d’ores et déjà programmé une nouvelle journée d’action, le mardi 12 octobre.
Le projet de loi, approuvé le 15 septembre par les députés, sera alors en cours d’examen par les sénateurs, auxquels les syndicats réclament des modifications substantielles.
Samedi, la CFDT a fait état de 2,9 millions de personnes mobilisées dans toute la France et la CGT a dénombré « près de trois millions » de manifestants.
Le collectif “la retraite une affaire de jeunes”, qui regroupe 26 organisations politiques et syndicales, a fait état de 15.000 jeunes dans le cortège parisien.
Dans les régions, la mobilisation était en hausse à Toulouse, Nantes, Lyon ou encore Bordeaux, selon les syndicats. En revanche, à Marseille comme à Lille, les organisateurs ont fait état d’une participation en baisse.
« C’est l’une des manifestations les plus importantes depuis dix ans », s’est félicité François Chérèque, le secrétaire général de la CFDT pour qui la majorité ne peut plus fermer les écoutilles.
« Réunir trois fois trois millions de personnes, c’est forcément une réussite », a déclaré le numéro un de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, qui juge le gouvernement « complètement gelé » sur sa réforme.
Tant Nicolas Sarkozy que le ministre du Travail assurent depuis le printemps qu’ils ne céderont pas sur les « bornes d’âge » fixées par la réforme.
« Si nous revenons sur ces mesures, il n’y a plus d’équilibre financier de la réforme. Il n’en est donc pas question », a dit le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, sur i>Télé.
En face, rassérénés par l’arrivée de nouveaux visages dans les cortèges - salariés du privé ou jeunes - les syndicats n’entendent pas baisser la garde.
« On ne reculera pas », a prévenu Bernard Thibault.
« Ce soutien populaire nous engage à continuer », a déclaré en écho François Chérèque, qui réclame « des gestes apaisants du gouvernement pour enfin ouvrir le dialogue et construire une vraie réforme ».


Dans les villes

40.000 à Lyon
À Lyon, la manifestation a rassemblé 40.000 personnes selon les syndicats et 18.500 selon la police, contre 36.000 et 18.000 participants lors de la journée de mobilisation du 23 septembre.

20.000 à Montpellier
À Montpellier, ils étaient entre 13.000 et 20.000 personnes, selon la police et les syndicats, soit moins que lors de la précédente journée d’action.

125.000 à Toulouse
À Toulouse, la manifestation a rassemblé 125.000 personnes selon les syndicats, 28.000 selon la préfecture, un chiffre, selon ces évaluations, un peu supérieur à la grande mobilisation du 23 septembre.

Plus de 20.000 personnes à Nice
Dans la capitale de la Côte d’Azur, le cortège était aussi fourni que lors de la dernière journée d’action le 23 septembre (7.000 selon la police).
Les organisateurs, « pour ne pas entrer dans une bataille de chiffres » avec le gouvernement, se sont refusés à évaluer précisément le nombre de manifestants, se contentant d’indiquer qu’ils « étaient plus que la dernière fois », le 23 septembre, quand les syndicats avaient annoncé la présence de 20.000 personnes à Nice.

Plus de 2.000 à Draguignan
À Draguignan (Var), plus de 2.000 personnes ont manifesté selon la police, plus de 2.500 selon les organisateurs, alors qu’à Ajaccio, les manifestants étaient, selon les autorités, presque deux fois moins nombreux qu’il y a dix jours (1.500 au lieu de 2.800).
On a aussi manifesté à Digne et Manosque (Alpes de Haute-Provence) : 2.000 et 1.550 personnes respectivement, selon la préfecture.

9.000 à Béziers
À Béziers, le défilé était dense, rassemblant 9.000 manifestants selon la CGT (9.500 le 23 septembre selon la même source).

2.000 dans la plus petite préfecture de France
À Mende, chef-lieu de la Lozère, qui compte 12.000 habitants, 2.000 personnes étaient dans la rue selon les organisateurs, 1.400 selon la police. Parmi elles, de nombreuses personnes travaillant dans le secteur privé.


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