Luttes sociales

Nouveaux rassemblements contre la loi El Khomri à La Réunion

Mobilisation des jeunes et des travailleurs

Manuel Marchal / 26 mai 2016

Contre la loi El Khomri, l’intersyndicale CGTR-FO-FSU-Solidaires-UNEF appelle à deux rassemblements ce 26 mai à Saint-Denis, devant la préfecture, et à Saint-Pierre, rond-point des Casernes.

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La tension monte autour de la loi El Khomri. En France, la semaine a été marquée par une intensification du mouvement de protestation. Au soir de la mobilisation du 19 mai, un communiqué commun CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL indiquait notamment que : « les organisations décident de renforcer l’action par une journée de grève interprofessionnelle avec manifestation nationale à Paris le 14 juin, au début des débats au Sénat. Elles appellent à multiplier d’ici là, sur tout le territoire, des mobilisations sous des formes diversifiées.

Elles décident également une grande votation dans les entreprises, les administrations et les lieux d’étude qui se déroulera dans les semaines à venir en parallèle au débat parlementaire afin de poursuivre avec les salarié-es et les jeunes les débats sur la loi Travail, obtenir le retrait de ce texte pour gagner de nouveaux droits permettant le développement d’emplois stables et de qualité.

La loi doit notamment préserver la hiérarchie des normes, élément protecteur pour tous et toutes les salarié-es. »

Répression en France

Dans les faits, cette amplification de la lutte s’est traduite par des grèves dans les raffineries et les dépôts pétroliers, ainsi que dans les transports. Les routiers ont réussi à faire céder le gouvernement sur la question des heures supplémentaires pour ce qui les concerne. Mais ailleurs, l’épreuve de force a continué. Cette situation de blocage s’est traduite par une pénurie de carburant dans une grande partie des station-services en France. Elle a amené le gouvernement à puiser pendant plusieurs jours dans la réserve stratégique d’hydrocarbure pour alimenter les distributeurs.

Au lieu de remettre à plat les discussions pour chercher une issue négociée à la crise, le gouvernement a choisi la répression en délogeant sans ménagement des grévistes pour ouvrir en force des dépôts de carburant bloqués. Le Premier ministre s’en est également pris publiquement à la CGT en l’accusant de se « radicaliser ». Ces événements ne font que renforcer la mobilisation, en particulier dans le secteur de l’énergie. Les travailleurs des centrales nucléaires sont ainsi appelés à faire grève.

« Ni amendable, ni négociable »

À La Réunion, la mobilisation continue également. L’objectif des syndicats et des jeunes est clairement le retrait. C’est ce qu’a rappelé un communiqué commun CGT Sud-FO diffusé à la suite d’un échange avec le député Jean-Jacques Vlody. Ce dernier veut voter le texte, en s’appuyant sur des amendements qui pourraient l’améliorer. Les syndicats ne sont pas d’accord avec cette tactique du parlementaire : « M. Le Député nous a demandé de lui transmettre nos amendements, pour nous ce texte n’est ni amendable, ni négociable surtout avec la remise en cause de la hiérarchie des normes, le principe de faveur, les libertés de licenciement offert au patronat ».

L’application de la loi El Khomri serait en effet catastrophique à La Réunion. Ce serait la porte ouverte à la légalisation des licenciements abusifs, dans un contexte où le chômage est déjà proche de 30 % et où la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Quant à la primauté de l’accord d’entreprise sur les accords de branche et sur le Code du Travail, elle réduit à néant l’espoir d’une extension des conventions collectives à La Réunion. Ces dernières seraient en effet sans aucune portée.

C’est bien le succès de la mobilisation qui peut permettre aux travailleurs et aux jeunes de voir leur revendication aboutir, pour empêcher une nouvelle aggravation de la situation à La Réunion.

M.M.


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