Luttes sociales

Nouvelle preuve de l’inefficacité de Didier Robert

Toujours aucune avancée pour les jeunes enseignants en grève

Manuel Marchal / 4 mai 2010

C’est le dernier jour de l’ultimatum fixé à Didier Robert par les enseignants qui dorment à la Région depuis plusieurs semaines. Depuis son élection à la Région, l’ancien maire du Tampon a démontré son inefficacité à apporter une solution à ces jeunes. Cela n’est pas sans rappeler la manœuvre à laquelle il s’était livré l’an dernier devant les assistants d’éducation. Il avait multiplié les promesses pour les empêcher de rencontrer le Premier ministre alors en visite à La Réunion, mais les assistants d’éducation ont été mis au chômage par l’Éducation nationale.

Le 9 juillet 2009, des dizaines de jeunes manifestent lors de la visite du Premier ministre. Ils souhaitent rencontrer François Fillon pour lui exposer de vive voix leur revendication : intégrer l’Éducation nationale eu égard à l’ancienneté dans le service, comme le prévoit une directive européenne. Beaucoup d’entre eux enchaînent en effet les contrats précaires depuis au moins 6 ans.
Quelques jours auparavant, ils ont été expulsés de leur campement de fortune dressé depuis un mois devant la Préfecture, et les banderoles sur lesquelles étaient inscrits les mots d’ordre jetées à la poubelle.
Ce 9 juillet, au moment où François Fillon arrive dans l’avenue de la Victoire, des policiers maintiennent les jeunes à distance. C’est alors que surgit Didier Robert. Il vient à la rencontre des jeunes et leur promet, devant les caméras de télévision, d’intervenir pour régler leur problème. En venant faire écran, Didier Robert empêche la rencontre entre les jeunes et le Premier ministre.
Le lendemain, François Fillon est justement au Tampon pour présider une restitution des ateliers des États-généraux de l’Outre-mer. Juste avant cette séance, il visite une école en compagnie du maire du coin, justement Didier Robert. Ce dernier s’abstient d’évoquer les revendications des assistants d’éducation.
Le lendemain, les jeunes arrivent par leurs propres moyens à arracher une entrevue avec un conseiller du Premier ministre, une rencontre qui ne doit rien à Didier Robert. Sur le front parlementaire, Huguette Bello, Gélita Hoarau et Élie Hoarau multiplient les actions pour obtenir l’application de la directive européenne permettant l’intégration des jeunes assistants d’éducation dans l’Éducation nationale. Pourtant membre de la majorité parlementaire, Didier Robert n’intervient pas pour apporter une solution à son niveau. Et moins de deux mois après que Didier Robert ait promis aux jeunes qu’il allait plaider leur cause, les premiers licenciements sont prononcés. Les centaines de jeunes mis au chômage depuis témoignent de l’inefficacité de Didier Robert à défendre leur emploi.
Un peu plus de six mois plus tard, ce sont de nouveau des jeunes en détresse qui voient arriver le soutien de Didier Robert. Concrètement, ce soutien se manifeste par la possibilité de dormir dans le hall de la Région, et de coller des mots d’ordre sur les grilles de l’hôtel de Région. Mais pour ce qui concerne les revendications des jeunes, toujours aucune avancée, bien au contraire. L’administration déconcentrée a pris la décision à son niveau, et d’après le Rectorat, une minorité des jeunes en lutte pourra rester à La Réunion.
Cette nouvelle preuve de l’inefficacité de Didier Robert est sans doute la goutte d’eau qui fait déborder le vase. D’où cet ultimatum fixé à aujourd’hui. Car les jeunes comprennent qu’une question d’ordre politique ne se règle pas à coup de sourires, de poignées de main et d’opérations de communication devant les caméras.

Manuel Marchal


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