Luttes sociales

« On attend toujours le changement »

Manifestation pour l’emploi des Réunionnais à La Réunion

Correspondant Témoignages / 21 juin 2014

Devant la préfecture, vendredi 20 juin au matin, une foule de parents, de jeunes étudiants et sans emploi, de syndicalistes et des représentants d’association est venue interpeller les Ministres de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, et des Outremers, George Pau-Langevin.

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Une foule nombreuse et solidaire pour faire gagner le respect d’un principe.

Sous le thème de l’emploi et des mutations, Gilles Leperlier, président de Nou Lé Kapab, Idriss Rangassamy, du Groupe GPX974 et Olivier Fontaine des « Déportés de l’Education nationale », ont appelé à la priorités aux Réunionnais(e)s d’ici et d’ailleurs. Plusieurs personnes sont venues témoigner du vécu de leurs enfants et de leur entourage. Tous se sont accordés pour dire « priorité à l’embauche des Réunionnais ».

Six mois après le rapport Lebreton

Gilles Leperlier, président de Nou Lé Kapab (AJFER), a expliqué les raisons de la mobilisation : « cela fait six mois que le député-maire Patrick Lebreton a rendu son rapport sur la régionalisation de l’emploi au ministre des Outremers, six mois que les choses n’ont pas changé, et qu’il n’y aucune solution. Ils nous avaient dit il y a deux ans, ne vous inquiétez pas le changement c’est maintenant. On attend toujours le changement et en attendant les postes continuent à échapper aux personnes de La Réunion ».

Avec un taux de chômage de plus de 28%, dont 56,2% chez les moins de 25 ans, la situation « nécessite des mesures concrètes et réelles » pour le jeune homme. Ce dernier a ainsi mis en avant qu’au cours des six derniers « seulement », des postes à responsabilité à la mairie de La Possession, mais aussi sur les chantiers de la NRL, ou encore à Air Austral, ont été réservés à des personnes venues de l’extérieur, « alors qu’il existe des personnes compétentes pour occuper les postes ».

Evoquant la venue de François Hollande dans l’île, Gilles Leperlier a indiqué « qu’au même moment, quand il sera à La Réunion, il y aura 58 professeurs stagiaires qui vont prendre l’avion en même temps que lui, parce qu’ils sont mutés dans des académies en France, alors qu’il y a des postes disponibles à La Réunion ».

Présents dans la mobilisation, de jeunes professeurs stagiaires et leurs familles ont témoigné de leurs situations qualifiées d’injuste et incompréhensible. « Pire, on constate qu’en France, il y a des académies, où il y a des postes vacants, parce qu’ils ont créé des postes en plus », a expliqué Gilles Leperlier. Ce dernier s’est indigné qu’"à l’heure où on parle, 400 postes d’enseignants qui ne sont pas pourvus en France, parce que personne ne veut occuper les postes. Mais par contre, quand il s’agit de venir à La Réunion, il ne manque pas de candidat ».
A noter la présence du sénateur Paul Verges, seul élu venu soutenir la mobilisation.

« C’est par la lutte qu’on change les choses »

De son côté, Idriss Rangassamy, du GPX974, a rappelé la souffrance des familles qui « ont un marmay en France. Ils souffrent parce que le système de mutation qui est mis en place ne prend pas en compte l’ancienneté de la demande, mais l’ancienneté administrative ». Une situation qui entraine des drames et « empêche le retour des collègues ».

Ce dernier s’est indigné du contexte actuel, car « on veut savoir pourquoi quand il y a des postes à La Réunion, il n’y a pas de Réunionnais. Le Réunionnais est obligé de passer par un syndicat, un politique pour pouvoir rentrer chez lui. Ce n’est pas normal ». « Ce n’est pas normal que l’on doit faire plus pour rentrer chez nous », a ajouté ce policier.

D’autant plus que « tout le monde est d’accord pour changer ce système. Et revenir à l’ancienneté de la demande ». Face aux détracteurs disant que le concours est national, Idriss Rangassamy a assuré : « oui le concours est national, mais à un moment donné, quand on fait dix ans là bas, on a le droit de rentrer. Rentrer parce qu’on a nos familles, notre culture ici ». Ce dernier a insisté, « il faut changer de système » et que « les rapports Bédier et Lebreton servent toute la fonction publique ».

Pour Gilles Leperlier, « c’est par la mobilisation que l’on va arriver à faire changer les choses et qu’enfin cette injustice, qui n’a que trop durée, cesse ». Le jeune homme a indiqué que lors de la venue du chef de l’Etat à La Réunion, ce dernier devrait faire des annonces sur la régionalisation de l’emploi, « mais là aussi, on sait que cela fait longtemps qu’ils parlent, mais quand il s’agit de faire, il n’y a pas grand chose ».

La mobilisation de ce 20 juin est également l’occasion de « peser sur les décisions » du gouvernement, dont les deux ministres présents à La Réunion sont venus « pour préparer la venue de François Hollande ». « Il faut que lorsque le chef de l’Etat vienne le mois prochain, on fasse en sorte que plus un poste disponible à La Réunion n’échappe aux personnes de La Réunion », a conclu le président de Nou Lé Kapab.

Correspondant

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Gilles Leperlier, président de Nou Lé Kapab, Idriss Rangassamy, du Groupe GPX974 et Olivier Fontaine des « Déportés de l’Education nationale ».

« En attendant, cabri i mange salad »


A la sortie de leur rencontre avec l’un des directeurs de cabinet du ministre de l’Intérieur, Gilles Leperlier et Idriss Rangassamy ont expliqué que « la ministre est sensible à la bataille que l’on mène sur la régionalisation de l’emploi. Que le rapport Lebreton a été retransmis à la nouvelle ministre. Pour cela, on ne s’inquiète pas ».

« Le rapport est en train d’être étudié et examiné pour voir comment mettre en place les mesures. Une commission devrait être mise en place pour savoir comment le gouvernement va mettre en place le rapport Lebreton », a rapport Gilles Leperlier. Ce dernier a ironisé : « voilà comment en attendant les rapports, les commissions, les sous-commissions etc. En attendant il y a des postes qui échappent aux Réunionnais, il y aura encore des personnes qui souffrent, et il y aura encore 58 professeurs stagiaires qui seront mutés dans des académies en France », a expliqué devant la foule, le président de Nou Lé Kapab (AJFER).

Face à cette situation, « on va continuer la mobilisation et faire en sorte de peser sur les décisions ». Pour Idriss Rangassamy, « Nou tien bon, nou larg pas ».

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Firmin Viry aux côtés de Gilles Leperlier, la solidarité des planteurs avec le combat des jeunes.
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Soutien de la CGTR Ports et Docks.


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