Luttes sociales

Pacte de responsabilité : la CGT dénonce « une attaque de grande ampleur contre la protection sociale »

Le Premier ministre rencontre les syndicats et le patronat

Témoignages.re / 28 janvier 2014

Jean-Marc Ayrault rencontrait les partenaires sociaux hier au sujet de l’annonce du Pacte de responsabilité par le chef de l’Etat. Entre demande de clarification et opposition, les syndicats ne vont pas dans le sens de l’adhésion à la feuille de route de fin de mandat tracée par François Hollande.

Hier, le Premier ministre a reçu les organisations syndicales et patronales pour évoquer la mise en œuvre du Pacte de responsabilité annoncé par le président de la République lors de ses vœux et précisé au cours de sa conférence de presse. La première organisation à rencontrer Jean-Marc Ayrault était la CGT.

La délégation conduite par le secrétaire général, Thierry Lepaon, était porteuse d’un message très clair. Tout d’abord, elle déplore la méthode : « la suppression des cotisations familiales patronales, un nouveau cadeau de 30 milliards d’euros d’exonérations sociales pour les entreprises, au moins 50 milliards d’euros de baisse des dépenses publiques en trois ans, un choc de simplification aux contours flous … Il passe un accord sans engagement avec le MEDEF et demande aux organisations syndicales de dire ce qui pourrait être sauvé en matière sociale ! »

La CGT demande donc une clarification. Car elle constate que « le transfert du financement de la politique familiale des entreprises vers le budget de l’Etat est une attaque de grande ampleur contre la protection sociale. Il remet en cause le socle de la protection sociale issu du Conseil National de la Résistance, son financement par le travail, et ouvre la porte à la fiscalisation des prestations sociales ». La CGT « y est opposée » et propose plutôt « la mise à plat du financement de la protection sociale sur la base d’une augmentation de ses moyens et d’une modulation incitative des cotisations patronales ».

Autre remise à plat, celle « 4500 dispositifs d’aides et d’exonérations accordées aux entreprises portant sur quelque 200 milliards d’euros ». « Il faut que l’efficacité des aides publiques sur l’emploi et l’investissement soit évaluée et que les aides soient concentrées sur les secteurs et les entreprises qui en ont vraiment besoin, en particulier dans l’industrie », souligne la CGT.

Dernière délégation syndicale à être reçue, la CFDT était porteuse d’un message de vigilance. Au lendemain de la conférence de presse de François Hollande, sa position vis à vis du Pacte de responsabilité était la suivante. La CFDT serait « exigeante sur le contenu du volet social » ainsi que sur « le maintien du pouvoir d’achat des salariés, un haut niveau de protection sociale et une action publique de qualité ». « Ce pacte ne peut fonctionner que s’il est structuré par un dialogue social renforcé, a réagi la Commission exécutive. Il appartiendra à tous, gouvernement, patronat et syndicats, d’en faire la démonstration dans les semaines qui viennent. » Soulignant que « les contreparties doivent être considérées comme un investissement dans les femmes et les hommes pour des emplois de qualité », elle a par ailleurs mis en garde : « Un pacte, ce sont des engagements de part et d’autre. La CFDT exigera des engagements précis et chiffrés de la part du patronat. »
Tout comme pour la CGT, la CFDT demande donc une clarification.


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