Luttes sociales

Pacte de responsabilité : la FSU interpelle les candidats à La Réunion

Elections municipales

Témoignages.re / 11 mars 2014

Le 18 mars prochain, les syndicats organisent une grande journée d’action pour l’emploi, les salaires et la protection sociale. Le mouvement revendicatif est indigné par le Pacte de responsabilité. Dans un courrier adressé aux candidats aux élections municipales, la FSU demande aux candidats leur position sur le Pacte de responsabilité.

Mesdames, Messieurs,
Vous êtes aujourd’hui candidats aux élections municipales dans notre département.
Vous n’ignorez pas que la FSU, conjointement avec la CGT, FO et Solidaires appelle à une mobilisation nationale le 18 mars prochain sur les questions d’emploi, de salaires et de protection sociale.

Le pacte de responsabilité proposé par le gouvernement est conditionné à une nouvelle et importante réduction des dépenses publiques. Or cette politique est déjà responsable depuis des années de la baisse des salaires des agents de la fonction publique, d’une réduction considérable des emplois et d’une dégradation des services publics à la charge de l’État et des collectivités territoriales.
La situation économique et social ne cesse de se dégrader dans notre département qui, déjà lourdement impacté, ne peut se permettre de nouvelles régressions.

En matière d’emploi, le nombre de chômeurs est en constante augmentation depuis 2008 à l’instar de la précarité. La part des chômeurs de longue durée est en progression continue depuis 2009 et représente aujourd’hui plus de la moitié des inscrits à Pôle Emploi.

La précarité est encore plus présente dans notre société, le nombre d’allocataires de l’assurance chômage diminue de 8,1% sur l’année et parallèlement, le nombre de bénéficiaires de l’allocation spécifique de solidarité (ASS) augmente de plus de 10%.
En clair, les demandeurs d’emploi restent inscrits à Pôle Emploi plus longtemps et sont contraints à vivre dans la précarité des minima sociaux.

Le Président de la République nous annonce une baisse substantielle des dépenses de l’État ; celle-ci aura évidemment de lourdes conséquences sur les services publics ; elle obère toute perspective d’amélioration salariale et augure surtout de nouvelles suppressions de postes. L’emploi public nécessite au contraire d’être relancé.
Faute de personnels en nombre suffisant, les services publics peinent aujourd’hui à accomplir correctement leurs missions. Ces difficultés sont particulièrement dommageables dans notre département où ceux-ci sont un levier incontournable pour lutter contre les inégalités et les injustices sociales. Prolonger la réduction des effectifs aboutira très vite à dépouiller la population réunionnaise de ce bien commun, vecteur d’égalité des chances.

Par ailleurs, la précarité des emplois s’aggrave ; à La Réunion, elle est particulièrement prégnante dans la Fonction Publique Territoriale puisqu’une très large majorité des personnels des collectivités (70 % en moyenne) est en situation précaire. Cette proportion est ahurissante et outre qu’elle maintient ces collègues dans une situation sociale et salariale fragiles, elle créé beaucoup de souffrance au travail du fait de constantes pressions exercées sur eux.

A la Territoriale comme dans tous les secteurs publics, l’emploi précaire doit disparaître et laisser la place à des emplois sécurisés et des salaires décents. Il n’est pas acceptable que le gel du point d’indice soit maintenu alors même qu’une politique de revalorisation salariale permettrait par une augmentation du pouvoir d’achat, de relancer la consommation et donc potentiellement la santé financière des entreprises et leur capacité à embaucher.

En annonçant une réduction d’au moins 50 milliards de dépenses publiques pour compenser les nouveaux cadeaux fiscaux et sociaux aux entreprises, le Président de la République s’est engagé dans l’impasse de l’austérité. Et surtout il semble renoncer à exiger du patronat des engagements clairs en matière de création d’emplois cédant à la facilité de recourir à des mesures régulièrement proposées depuis des décennies sans avoir jamais produit le moindre effet positif sur le taux de chômage.

Notre pays a la chance de disposer d’une protection sociale solidaire et il y consacre une part importante de notre PIB. L’accès gratuit à l’éducation et à la santé contribue à la réduction des inégalités de revenus.
Exonérer le patronat de ses obligations en matière de cotisations sociales (branche « famille ») menace directement notre modèle social alors même que le déficit est dû non pas a un excès de dépenses mais à un manque de recettes.

Vous aspirez à gérer les 24 communes de notre département à compter de 2014, de ce fait la FSU souhaite connaître votre position sur les questions d’emploi public, sur le niveau de précarité des emplois territoriaux, sur les questions de salaires, sur l’impact du projet de « Pacte de Responsabilité » sur nos collectivités et les réponses que vous comptez proposer pour y faire face.

Et enfin, la FSU souhaite savoir si vous partagez les orientations politiques défendues par le gouvernement actuel notamment sa politique d’austérité budgétaire dont les retombées seront conséquentes en matière d’emplois et de qualité des services publics à la charge de l’État et des collectivités.
La FSU sera attentive à toutes les réponses que vous voudrez bien nous faire et dans l’attente, vous adresse ses meilleurs sentiments syndicalistes.

Marie-Hélène DOR
Léandre BILLAUD

Secrétaires départementaux FSU Réunion


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