Luttes sociales

Pari réussi

Céline Tabou / 18 octobre 2010

3 millions de Français étaient dans les rues samedi 16 octobre pour manifester contre la réforme de la retraite, actuellement en débat au Sénat. La confrontation risque de durer, car le gouvernement reste déterminé à faire adopter sa loi.

La fonction publique mais aussi les secteurs de l’énergie et des transports se sont mobilisés contre la réforme. L’Intersyndicale a décidé d’organiser une sixième journée d’action et de poursuivre les blocages, si le gouvernement n’écoute pas les revendications des manifestants.

La mobilisation se durcit

Pour la CGT, dont la « détermination est intacte », la dernière mobilisation en date est « la démonstration que loin de s’essouffler, les salariés sont toujours aussi déterminés et rejettent massivement cette réforme », ont indiqué les responsables du syndicat au journal Le Monde. « Le mouvement s’ancre et s’élargit, tant sur le nombre d’entreprises touchées par les grèves sous diverses formes que sur le nombre de salariés qui s’engagent dans l’action », ajoute-t-il. Une douzaine de raffineries ont été bloquées, et les blocages des dépôts se poursuivent un peu partout dans le pays. De plus, le mouvement se poursuit aussi à la SNCF, et les lycéens, de plus en plus nombreux dans les défilés, maintiennent également leur mobilisation.

Prêts à manifester encore « après le vote au Sénat », lycéens, retraités, salariés du privé et du public sont prêts répéter les journées d’action comme celle du 16 octobre.

 « Même si le texte est voté, on est prêt à continuer, on ne cédera pas tant que le gouvernement n’aura pas changé cette réforme », a affirmé un lycéen de 18 ans, à France 2. 

Idem chez des salariés. « J’ai fait toutes les manifs et je vais continuer jusqu’à ce que la réforme soit retirée », a témoigné un fonctionnaire à la mairie de Toulouse sur la chaîne publique.

Le gouvernement persiste

Minimisant la mobilisation, et tentant de s’expliquer, le gouvernement a annoncé qu’il allait « renforcer le devoir d’explication sur cette réforme », a indiqué Eric Woerth au Monde. Ce dernier a indiqué que la mobilisation s’affaiblissait, et que cela « renforce le devoir d’explication du gouvernement sur cette réforme ». De son côté, le secrétaire d’Etat à la fonction publique, Georges Tron, dans la ligne du ministre du Travail a expliqué, « Il s’agit de la plus basse participation depuis la rentrée des vacances d’été », mais « il y a encore beaucoup de monde ». Ce dernier a ajouté « Il n’y a pas de victoire, car on ne fait ça contre personne, on fait ça pour les Français ».

L’intersyndicale, et notamment Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, ont demandé aux sénateurs « de ne pas voter en l’état » le projet de loi sur les retraites. Il a par ailleurs appelé, sur Sud-Ouest, le gouvernement à « rouvrir les négociations avec les syndicats ». Le leader syndical a estimé que la participation aux cortèges hier était « sensiblement équivalente à celle du samedi 2 octobre ». Ce dernier a indiqué que « tous les ingrédients pour que ce mouvement continue dans la durée » sont réunis.

CT


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