Luttes sociales

« Pas de camping sur la voie publique »

Barrages routiers : le préfet met en garde

Témoignages.re / 1er septembre 2009

Les barrages filtrants devraient être levées « dans les heures qui viennent », c’est ce qu’a annoncé le préfet de La Réunion, Pierre-Henry Maccioni, lors d’une conférence donnée hier après-midi. « J’ai donné toutes les instructions particulières et ciblées pour que la question soit réglée dans les heures qui viennent et que l’ordre public soit rétabli », a-t-il précisé.

Hier après-midi, le préfet a annoncé publiquement la décision de procéder à la levée des barrages par la force publique si besoin est. Depuis 5 heures 15 hier matin, des transporteurs manifestent et ont dressé deux barrages filtrants sur la RN1.
« Je pensais qu’ils me contacteraient pour une rencontre », se justifie Pierre-Henry Maccioni. Les contacts ne s’établissant pas, il a décidé dans l’après-midi d’ordonner la levée des barrages. « Le camping n’est pas autorisé sur la voie publique », a-t-il rappelé.
Quant aux modalités d’évacuation, le représentant de l’Etat est resté évasif sur la question. « Je souhaite que cela se fasse dans le calme », a-t-il souligné. Il a demandé au sous-préfet de Saint-Paul d’aller à la rencontre des responsables syndicaux de l’Aveca et du Collectif pour la défense des entreprises du bâtiment et travaux publics. « Il s’agit de la dernière somation », a prévenu Pierre-Henry Maccioni.
La rencontre entre le sous-préfet Thomas Campeaux et les porte-parole du mouvement a eu lieu en fin d’après-midi. « Il est venu et il est reparti. Pour notre part, nous restons là. Lorsque ce sont de grosses entreprises qui barrent les routes, on les laisse faire, je ne vois pas pourquoi nous n’aurions pas droit au même traitement », commente Laurent Boyer de l’Aveca.
Concernant les revendications des deux organisations à l’origine du mouvement, il semblerait qu’elles aient été prises en compte.

Joël Mongin au secours du préfet ?

En effet, lors d’une rencontre entre le préfet et les membres signataires du protocole Novelli, notamment l’Unostra et la FNTR, représentée par Joël Mongin, une modification majeure a été apportée dans le document devant permettre la relance dans le secteur du BTP.
Elle concerne les mesures d’apurement des dettes sociales et fiscales. Initialement, était éligible à cette mesure une entreprise qui s’était mise à jour de ses cotisations salariales et patronales. Désormais, l’entrepreneur devra simplement présenter ses déclarations sociales et fiscales. « La suppression de cette barrière psychologique devrait donner plus de liberté au chef d’entreprise », a expliqué le préfet de La Réunion. Jusqu’alors, seuls 12 dossiers ont été reçus par les services chargés de les traiter.
Par ailleurs, Pierre-Henry Maccioni a annoncé qu’il appuierait la revendication des signataires du protocole Novelli. Ils demandent qu’une délégation soit reçue par secrétaire d’Etat chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme, des Services et de la Consommation. « Localement, nous ne pouvons pas aller plus loin dans l’évolution de ce protocole », a-t-il reconnu.
Autrement dit, le préfet soutient l’envoi d’une délégation comprenant Joël Mongin, mais excluant les représentants des manifestants d’hier.


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