Luttes sociales

Pas de postes fixes pour les jeunes professeurs réunionnais ?

Rentrée scolaire 2009

Témoignages.re / 11 août 2009

« Avec plus de la moitié de notre jeunesse au chômage, priver nos jeunes diplômés réunionnais de postes au profit des jeunes de l’extérieur suite à une erreur de chiffrage serait la goutte d’eau qui ferait déborder le vase ». L’UNEF dénonce ainsi l’absence de postes fixes pour les jeunes professeurs des écoles réunionnais à la rentrée. Ceux-ci seraient ainsi affectés à des postes de remplaçant, au profit des jeunes professeurs venus de l’extérieur. L’UNEF demande au Rectorat d’éclaircir la situation et de faire la transparence sur les affectations afin d’éviter tout malentendu.

L’UNEF a dénoncé hier une situation qui perdure depuis des années : le transfert massif de professeurs de France à chaque rentrée scolaire (800 à la rentrée 2008), au détriment des jeunes professeurs réunionnais qui pourraient occuper ces postes, aussi bien dans l’enseignement secondaire qu’à l’école élémentaire et primaire.
Mais pour la rentrée 2009, cette situation semble s’aggraver, selon le syndicat étudiant. Jusqu’à présent, les professeurs des écoles réunionnais étaient plus ou moins épargnés par ce transfert d’enseignants de France. Le concours de professeur des écoles est en effet régional, les enseignants du premier degré sont donc affectés dans leur académie d’origine. Mais depuis quelques années, les professeurs des écoles venant de l’extérieur sont plus nombreux. Alors que dans le même temps, le nombre de postes au concours régional de professeur des écoles est en diminution dans l’Académie (de 150 à 80 postes en 2009).
Depuis quelques jours, l’UNEF reçoit ainsi des informations de la part des professeurs stagiaires réunionnais ou professeurs titulaires depuis peu. Cette année, « il y aurait eu plus d’entrants dans le département que de postes disponibles, ce qui aurait contraint d’affecter à l’ensemble des jeunes Réunionnais des places de remplaçants au profit des jeunes venus de l’extérieur », explique Gilles Leperlier, président de l’UNEF. Ainsi, des professeurs réunionnais ont reçu des notifications d’affectation sur des postes de remplaçants, et aucun des professeurs stagiaires et jeunes titulaires n’aurait de postes fixes à la rentrée 2009. « Pourquoi les jeunes Réunionnais sont-ils affectés à des postes de remplaçants, alors qu’il existe un gros problème de chômage ici ? », interroge Gilles Leperlier.

L’Académie a besoin d’enseignants

L’UNEF demande par conséquent au Rectorat de faire la transparence totale sur les chiffres : combien de jeunes professeurs arrivent de France pour la prochaine rentrée ? Combien de jeunes Réunionnais sont en postes ?
L’accueil des arrivants devrait avoir lieu le 19 août. D’ici là, l’UNEF espère obtenir des réponses. Une rencontre avec l’intersyndicale de l’Éducation (FSU, SAIPER, SNUPP, etc.) doit avoir lieu afin de poser le problème au Rectorat avant la rentrée.
Lors des États-généraux de l’outre-Mer, l’UNEF a mis en avant « l’injustice de l’attribution des postes de l’enseignement dans notre département », écrit Gilles Leperlier dans une lettre ouverte au Recteur de l’Académie. « Nous avons à La Réunion une population jeune en pleine expansion qui a besoin chaque année de personnels éducatifs supplémentaires pour subvenir aux besoins. Chaque année, des milliers de jeunes Réunionnais tentent leur chance aux concours de l’enseignement pour seulement une centaine de places, alors que le besoin réel à La Réunion est à multiplier par six ou sept ».

E.P.


Lisa, 24 ans, professeur des écoles

« Titulaire depuis 2 ans, je n’ai pas de poste fixe »

Lisa* a voulu témoigner. Elle est titulaire depuis 2 ans et n’a pas de poste fixe à la rentrée. Elle enseignera dans trois classes, dans trois écoles différentes, à Saint-André. Une situation qui n’est pas non plus favorable pour les conditions de travail des élèves, souligne Lisa. « Certains entrants ont pourtant des classes à l’année », constate-t-elle.
Pour Lisa, sa situation est le résultat d’un changement du système de points pour les affectations. Il n’y aura pas, selon elle, trois mouvements d’affectation cette année, mais un seul. « Les sortants d’IUFM ont 4,4 points, les titulaires depuis un an 2 points, les autres ont des points en fonction du nombre d’enfants, de l’ancienneté, etc. Titulaire depuis 2 ans, je me retrouve avec seulement 2 points », indique-t-elle.

* Prénom d’emprunt


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