Luttes sociales

Plan d’actions pour lutter contre le chômage des jeunes

L’OCDE préconise la relance de la croissance et une garantie de ressource

Céline Tabou / 1er juin 2013

Les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ont décidé de s’engager à diminuer le taux de chômage élevé des jeunes et à renforcer leurs systèmes éducatifs afin que « les jeunes soient mieux préparés au monde du travail ».

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Les jeunes durement frappés par le chômage.

Suite à la réunion annuelle du Conseil de l’OCDE, les ministres des pays membres ont insisté sur « la nécessité de s’occuper en priorité des jeunes les plus défavorisés, notamment les peu qualifiés et les immigrés, qui sont les plus exposés au risque de chômage de longue durée et d’exclusion sociale ».

Un contexte similaire depuis quatre ans

Face à la crise financière mondiale, débutée en 2009, l’OCDE a décidé de renforcer ses actions pour « permettre aux jeunes d’acquérir les compétences adéquates et les aider à mieux démarrer sur le marché du travail ». En septembre 2009, un document de travail de l’OCDE sur les « Questions sociales, emploi et migrations » avait été présenté, avec comme thème central, « Aider les jeunes à s’insérer durablement sur le marché du travail ». Dès cette époque, l’organisation s’indignait d’un taux de chômage très élevé chez les jeunes, avec une progression de 6 points entre fin 2007 et fin 2009, passant de 13% à 19%, soit 15 millions de jeunes au chômage dans la zone OCDE en 2009 contre 11 millions fin 2007.
Quatre ans plus tard, le contexte est aggravant, l’organisation internationale note que « le taux de chômage des jeunes (15/16 à 24 ans) a fortement augmenté dans la plupart des pays de l’OCDE et dans plusieurs économies émergentes, et dans de nombreux cas s’est stabilisé à un niveau plus élevé encore cinq ans après le début de la crise ». À la fin de l’année 2012, le taux de chômage des jeunes dépassait 25% dans neuf pays de l’OCDE. Principalement touché par le chômage et le sous-emploi, les jeunes représentent l’avenir, pour cela, l’organisation préconise d’aider « les jeunes à prendre un meilleur départ sur le marché du travail », pour stimuler la croissance et limiter les dépenses sociales futures, notamment avec le vieillissement rapide des populations.

« Agir immédiatement »

« Il est impératif d’agir immédiatement pour empêcher que la crise ait un impact encore plus négatif sur les perspectives des jeunes », a expliqué Angel Gurría, Secrétaire général de l’OCDE, lors de La Réunion ministérielle de l’organisation à Paris. Cette dernière a salué l’engagement des pays membres de l’OCDE, indiquant que celui-ci est « encourageant ». Cependant, « les pouvoirs publics doivent redoubler d’efforts afin d’encourager la création d’emplois pour les jeunes, d’aller de l’avant sur le front des réformes du marché du travail et d’améliorer leurs systèmes éducatifs pour donner aux jeunes toutes les chances de réussir ».
L’organisation préconise aux pays de « relancer la croissance et la création d’emplois mais aussi offrir une garantie de ressources aux jeunes chômeurs », notamment ceux issus d’un milieu socioéconomique défavorisé et qui sont sortis tôt du système scolaire avec un niveau de qualifications faible, voire inexistant.

 Céline Tabou 

Deux axes de bataille

Le plan d’action de l’OCDE est centré sur deux axes : la lutte contre la crise actuelle du chômage des jeunes et l’amélioration des perspectives professionnelles des jeunes à long terme.
Il s’agit d’apporter une aide au revenu appropriée pour les jeunes chômeurs jusqu’à l’amélioration de la situation du marché du travail, à condition que ceux-ci aient une recherche active d’emploi et d’engagement dans des mesures de développement de l’employabilité. Le maintien et l’extension des mesures actives du marché du travail à travers des programmes de conseil, d’aide à la recherche d’emploi et de développement de l’entrepreneuriat, ainsi qu’apporter une aide plus intensive aux jeunes défavorisés.
L’OCDE tient également à réduire les obstacles à l’embauche des jeunes peu qualifiés, à travers une baisse des coûts élevés du travail, à encourager les employeurs à poursuivre ou à étendre les programmes efficaces d’apprentissage et de stage, y compris au travers d’incitations financières additionnelles si nécessaire.
Pour améliorer les perspectives professionnelles des jeunes à long terme, l’OCDE souhaite renforcer le système éducatif et préparer tous les jeunes au monde du travail, affronter et réduire le décrochage scolaire et offrir une seconde chance à ceux qui n’ont pas terminé le deuxième cycle du secondaire ou équivalent. Mais aussi veiller à ce que tous les jeunes atteignent un bon niveau de compétences de base et transversales, offrir à tous les jeunes des compétences adaptées au marché du travail et renforcer le rôle et l’efficacité de l’enseignement et de la formation professionnels.
D’autres points ont été mis en évidence par l’OCDE :
- Faire que chaque jeune profite d’une expérience professionnelle pertinente avant de quitter le système éducatif.
- Proposer des services d’orientation professionnelle de qualité, reposant sur des informations fiables sur les carrières et les perspectives d’emploi, pour aider les jeunes à faire de meilleurs choix de carrière.
- Obtenir l’engagement des partenaires sociaux à soutenir une transition efficace vers l’emploi pour les jeunes.
- Garantir un traitement plus égal en matière de protection de l’emploi aux travailleurs permanents et aux travailleurs temporaires, et prévoir des périodes d’essai de durée raisonnable pour permettre aux employeurs d’offrir aux jeunes qui manquent d’expérience une chance de faire leurs preuves et leur faciliter l’accès à un emploi régulier.
- Pour les jeunes les plus défavorisés, des programmes intensifs peuvent être nécessaires, mettant fortement l’accent sur des formations de rattrapage, l’expérience professionnelle et le mentorat par des adultes.
Le chômage de longue durée et les NEET en ligne de mire

La hausse progressive du chômage de longue durée, chez les jeunes depuis 2007, a conduit un jeune sur cinq âgé de 15 à 24 ans à une inactivité de plus de 12 mois.
Ce chômage de longue durée, accompagné des difficultés rencontrées par les jeunes NEET (not in education, employment or training : sans emploi, sans éducation ou formation), fait de 22 millions de jeunes des NEET. Parmi eux, deux tiers ont abandonné leur recherche d’emploi et risquent de connaître de longs épisodes de chômage et des salaires inférieurs à ceux de leurs pairs tout au long de leur carrière professionnelle.
L’organisation internationale souhaite « améliorer les perspectives d’emploi à long terme des jeunes », en réformant les systèmes d’enseignement et de formation. Car, un jeune sur cinq quitte l’école sans avoir acquis les compétences nécessaires sur le marché du travail d’aujourd’hui. Il convient alors de prendre des mesures pour « réduire le taux d’abandon scolaire, éviter les redoublements et donner une seconde chance aux jeunes ». De plus, l’OCDE préconise l’amélioration de la qualité et de la pertinence des programmes de formation professionnelle afin que les jeunes soient mieux préparés aux emplois d’aujourd’hui et de demain.


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