Luttes sociales

Plus de 10.000 signatures pour Rézistans et grève des pompiers

Deux nouveaux indicateurs de la tension

Manuel Marchal / 30 avril 2013

À deux jours du 1er mai, le social est très présent dans l’actualité. Plus de 10.000 personnes ont signé la pétition de Rézistans, et les pompiers ont commencé la grève.

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Trois semaines après sa présentation à la presse (notre photo), la plate-forme de Rézistans a recueilli plus de 10.000 soutiens.

L’aggravation de la situation économique s’accompagne forcément de tensions sociales. Dans notre île, à deux jours du 1er mai, deux événements ont illustré cela.

C’est tout d’abord Rézistans qui a présenté devant la Préfecture une pétition rassemblant plus de 10.000 signatures en trois semaines. Ces Réunionnais soutiennent une plate-forme d’exigence présentée le 7 avril dernier.

Rézistans a des revendications dans l’emploi, les prix et la biodiversité notamment.

Le collectif demande notamment « q u’une loi exceptionnelle stipule qu’à diplôme et/ou à compétences égales reconnues, la priorité d’emploi soit donnée aux Réunionnais ». Il fixe un objectif de résultat aux élus : réduire de moitié le chômage des jeunes d’ici la fin du mandat présidentiel en 2017. Pour l’emploi, Rézistans souhaite « q ue l’État favorise l’émergence d’entreprises régionales, mixtes, afin de favoriser la production locale pour que, dorénavant, tout ce qui peut être produit à La Réunion soit produit à La Réunion ».

Concernant les revenus et les prix, les deux leviers du pouvoir d’achat, le collectif demande une prime de 150 euros pour toutes les familles qui ne touchent par de prime de vie chère, ainsi que le maintien des 100 euros du RSTA qui arrivent en fin de vie à la fin du mois de mai.

Autres revendications : le juste prix sur les biens de consommation et la bouteille de gaz à 15 euros. Enfin, que la Charte du Parc national fasse l’objet d’un référendum d’initiative locale.

Selon le collectif, quasiment toutes les personnes à qui la plate-forme a été présentée ont signé la pétition. C’est le signe d’une forte sensibilisation sur l’enjeu social, ainsi que l’expression d’une volonté de changement.

Pas d’accord pour les pompiers

L’autre fait social mis en avant par les médias hier est la grève des pompiers. Tout est parti d’une indexation illégale des primes versées aux agents. Ces derniers ne veulent pas être ceux qui paient les conséquences du versement d’un trop-perçu dont ils ne sont pas responsables.

En effet, parce que les primes ne seront plus indexées, les pompiers vont connaître une perte de pouvoir d’achat, ils demandent donc une compensation. Après avoir manifesté devant le SDIS à Saint-Denis, les grévistes ont marché vers le Conseil général. Après avoir barré la route, les pompiers sont entrés dans l’enceinte du Département. Une délégation de l’intersyndicale a alors été reçue par des élus. Pour le moment, le Conseil général se dit prêt à compenser pour les faibles et moyens revenus, par pour ceux qui gagnent plusieurs SMIC.

Les propositions du Conseil général ont été jugées insuffisantes pour cesser la grève, le mouvement se poursuit.

Ces deux événements s’ajoutent aux conflits passés et en cours qui marquent l’actualité sociale à La Réunion, à quelques jours d’un 1er mai où la principale revendication des syndicats est la suppression de l’accord national interprofessionnel.

M.M

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Les pompiers demandent une compensation après qu’il soit apparu que l’indexation de leurs primes est illégale. L’indexation est un bonus pour faire face à la vie chère.
(photo Toniox)


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