Luttes sociales

Plus de 120.000 chômeurs

Une société en crise

Manuel Marchal / 26 septembre 2009

Nouvelle illustration de l’aggravation de la situation : plus de 120.000 chômeurs à La Réunion. Les travailleurs paient le prix de décisions prises par des responsables politiques : multiplication des recours contre le tram-train, annulation du chantier de la rocade du Tampon, incertitudes sur l’avenir du système de financement des logements. À cela s’ajoutent l’impact de la crise mondiale et l’aggravation de la crise structurelle.

La Direction du travail et le Pôle emploi ont diffusé hier les dernières statistiques relatives à la pénurie d’emploi à La Réunion. La barre symbolique des 120.000 demandeurs d’emplois a été franchie en août 2009. C’est la confirmation de l’aggravation de la crise. Le nombre de travailleurs inscrits au Pôle emploi est en augmentation de 16,8%, et de plus de 20% dans l’ancienne catégorie 1, celle qui servait de référence pour les chiffres du chômage.
Cette aggravation est liée à la situation économique. Au cours des huit premiers mois de cette année, le nombre d’inscriptions au Pôle emploi à la suite d’un licenciement économique a augmenté de plus de 51% par rapport à l’année précédente.
Dans le même temps, les offres d’emploi durable, contrat de plus de 6 mois, proposées par le Pôle emploi continuent de plonger, elles sont en baisse de 16,3%. « Les offres d’emploi sorties du fichier du Pôle emploi depuis le début de l’année sont en recul de près de 8 % par rapport à la même période de l’année 2008. Ce recul est essentiellement du à la forte diminution des sorties d’emplois durables (plus de 6 mois) », écrivent la Direction du travail et le Pôle emploi.
Ces quelques données montrent l’ampleur de la crise et la difficulté à la surmonter. En effet, La Réunion continue sa croissance démographique. Aux plus de 120.000 emplois qu’il faut créer aujourd’hui pour résorber le chômage s’ajoute un nombre au moins équivalent à créer au cours des quinze prochaines années pour faire face à la hausse de la population active.
Ce chômage de masse est une caractéristique de la crise structurelle à La Réunion. Cinq ans après la signature des Accords de 1969, le taux de chômage était déjà de 25%. Aujourd’hui, il est au moins au même niveau. Depuis donc plus de 35 ans, aucune mesure n’a été capable de changer la donne. Trouver d’urgence des solutions à cette pénurie d’emploi, c’est une des conditions du développement durable de La Réunion.
L’ampleur de la crise, l’aggravation de la situation et les perspectives poussent à des changements profonds à faire de manière urgente. Le temps de la décision est venu, et les Réunionnais, en particulier leurs élus, ont apporté une importante contribution à ce sujet dans le cadre des États-généraux voulus par le gouvernement.

Manuel Marchal


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