Luttes sociales

Plus de 24 euros : le prix de la bouteille de gaz va-t-il battre un record ?

Après la fin du RSTA et celle annoncée du bonus COSPAR, nouvelle ponction sur le pouvoir d’achat ?

Manuel Marchal / 27 décembre 2013

La presse d’hier matin annonce une hausse importante du prix du gaz pour le 1er janvier prochain. Si elle se vérifie, cette nouvelle sera très mauvaise pour les plus pauvres, pour qui le prix du gaz est une part importante du budget.

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Voici l’évolution des prix de la bouteille de gaz en 2013. En janvier et février, la Région et le Conseil général subventionnaient les compagnies pétrolières pour qu’elles affichent un prix de 15 euros. À partir de mars, les Réunionnais ont de nouveau payé directement plein pot. Mais si elle se confirmait, la hausse à 24 euros du 1er janvier prochain amènerait le prix de la bouteille de gaz à un montant jamais atteint à La Réunion.

Décidément, les mauvaises nouvelles s’accumulent en cette fin d’année. Il y a d’abord eu la suppression du RSTA avec pour effet la disparition de la prime de 100 euros des salaires à partir du mois de septembre.

Il y eut ensuite la révélation le 12 décembre dernier d’une étude sur le chariot type. Mis en place par le gouvernement précédent en octobre 2008, cet échantillon de 40 produits de grande consommation a connu en 13 mois une hausse substantielle de 30%, c’est du jamais vu.

Cette semaine, la dernière rencontre de l’année entre syndicats et patronat sur le thème du bonus COSPAR a mal tourné. Suite au retrait de l’Etat du dispositif, se pose la question du devenir de cette prime de 50 euros. Pour des milliers de travailleurs, le bonus COSPAR n’est pas intégré dans le salaire. L’échec des négociations risque donc de signifier une perte nette de pouvoir d’achat de 50 euros.

Enfin, hier matin, "le Quotidien" annonçait à sa "une" ce titre sans équivoque : « le prix du gaz va exploser ». Ce journal prévoit un prix de la bonbonne à 24 euros à partir du 1er janvier prochain. C’est une hausse brutale de plus de 10%.

Plus le revenu d’une famille est faible, plus la part du gaz dans son budget est importante. Ce sont donc les plus démunis qui vont être les plus durement touchés par cette hausse si elle se vérifie.

À La Réunion, le prix du gaz est fixé par l’Etat, en fonction des informations transmises par les compagnies pétrolières. Si l’Etat prend la décision de fixer le prix de la bouteille de gaz à plus de 24 euros, alors il montrera l’ampleur de l’échec du gouvernement dans sa lutte contre la vie chère.

Car que représente les quelques centimes qu’il veut arracher aux pétroliers au prix de la suppression de plus de 1.000 emplois, au regard d’une hausse de 10% d’un produit de première nécessité ?

Au moment où le RSTA et la prime COSPAR disparaissent, ce serait un recul sans précédent du pouvoir d’achat des plus pauvres.

 M.M. 


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