Luttes sociales

Pourquoi le gouvernement hésite-t-il à répondre aux travailleurs ?

La revendication salariale est clairement posée depuis longtemps

Manuel Marchal / 7 janvier 2011

Un préavis de grève est déposé à Séchilienne Sidec et EDF, tous les travailleurs de la production d’électricité sont concernés. Alors que la réponse à la revendication est claire, le gouvernement hésite et ne décide pas tout de suite. À quoi rime cet atermoiement ?

À La Réunion, le gouvernement a la responsabilité de fixer les revenus de nombreux Réunionnais. C’est en effet du sommet de l’État qu’est décidée la revalorisation du montant des minima sociaux, du SMIC, des pensions de retraite, des salaires des fonctionnaires et assimilés.
Les travailleurs d’EDF et des industries de l’énergie voient également leur salaire fixé par l’État. Et quelques mois après l’abolition du statut colonial à La Réunion, un décret précisant les conditions spécifiques de cette fixation dans notre île a été publié. Il dit en substance que toutes les majorations de salaires perçues par les fonctionnaires en poste dans une collectivité d’Outre-mer doivent également bénéficier aux travailleurs des entreprises de l’énergie. À EDF et à Séchilienne Sidec, les agents demandent donc la revalorisation de leurs salaires, avec l’alignement de leur surrémunération sur celle des fonctionnaires d’État.
Cette revendication a été posée depuis longtemps, et une première réunion a eu lieu au mois d’avril. Mais à ce jour, l’État n’a toujours pas décidé de faire appliquer la loi par les employeurs des travailleurs. Il n’a même pas dit sa position sur la revendication, alors que c’est lui qui fixe les salaires.
Au bout de plusieurs mois sans réponse, les travailleurs de Séchilienne Sidec sont contraints de faire grève. Ceux d’EDF manifestent leur soutien et lancent un préavis de grève. La mobilisation aboutit à l’annonce d’une série de réunions. Une première se tiendra à Paris avec la Direction de la Séchilienne Sidec, mais la prochaine impliquant le gouvernement n’aura lieu que dans un mois. Cela signifie que la décision du gouvernement ne sera pas connue avant ce délai.
Depuis la première rencontre en avril, cela ferait donc 10 mois pendant lesquels le sommet de l’État laisse sans réponse une revendication simple des travailleurs : l’alignement sur le traitement de la fonction publique d’État outre-mer. Comment expliquer une telle hésitation du gouvernement sur la lecture d’un texte de loi ?
Après le soutien des travailleurs d’EDF, le mouvement des salariés des centrales thermiques du Gol et de Bois-Rouge a reçu celui de la CGTR. Il faut donc s’attendre à celui de l’Intersyndicale de la fonction publique. En effet, les travailleurs sont en lutte pour obtenir ce que les fonctionnaires ont eu grâce à leurs grèves menées au début des années 50, nul doute que cette convergence favorisera l’amplification des soutiens.

Manuel Marchal


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