Luttes sociales

Prendre des mesures à la hauteur de la situation locale

Communiqué de l’AJFER

Témoignages.re / 24 février 2012

Face aux émeutes qui ont éclaté ces derniers jours, notamment au Port et au Chaudron, l’Alliance des jeunes pour la formation et l’emploi à La Réunion (AJFER), dans un communiqué, interpelle les responsables politiques, économiques et sociaux et les appelle « à prendre des mesures à la hauteur de la situation locale ».

La situation de détresse sociale qui couvait sur l’île depuis plusieurs années a fini par exploser. L’AJFER n’a eu de cesse, au fil de ses interventions, de mettre en garde les dirigeants de l’île contre le risque grandissant de désordre social face à un malaise global et de les appeler à prendre des mesures à la hauteur de la situation locale. Malheureusement, la voix des jeunes, comme souvent, n’a pas été écoutée. Encore plus malheureux, les violences qui se produisent depuis plusieurs jours dans notre département et que nous déplorons. Nous déplorons aussi la tendance devenue coutumière de stigmatiser les jeunes. En effet, s’ils n’ont de toute évidence pas choisi, pour certains d’entre eux, les meilleurs moyens de mobilisations, il n’en demeure pas moins que les jeunes ne sont pas ceux qui sont au pouvoir.

L’AJFER souhaite en premier lieu interpeler les responsables politiques, économiques et sociaux. L’avenir du pays repose sur sa jeunesse. Il n’est pas possible de concevoir une société épanouie alors que la moitié de la population se trouve au-dessous du seuil national de pauvreté, lorsque 60% des jeunes sont au chômage, lorsque les inégalités ne cessent de grandir et lorsque les perspectives d’avenir se font de plus en plus rares.

La question du prix des carburants n’est que la face émergée de l’iceberg : cherté de la vie, chômage, malaise démocratique. Ainsi, c’est un système, dans sa globalité, arrivé à bout de souffle qui est aujourd’hui remis en cause.

Face à cela, I’AJFER dénonce les provocations des services de l’Etat en période sociale difficile, à travers notamment la voix du préfet de La Réunion et son manque de volonté pour poser les conditions d’un véritable dialogue avec la population et ses représentants. Sans compter le manque évident de volonté à trouver des solutions lorsque les droits fondamentaux des citoyens de la République française sont bafoués. Ainsi, l’appel au calme envoyé depuis Paris est en premier lieu à adresser au représentant de l’État dans l’île.

Dans ce violent rapport de force, imposé à la population, la réelle sortie de crise ne pourra se faire que par un effort commun, à la fois de la part des manifestants, mais surtout de la part des dirigeants.

La mobilisation de la population pour un présent et surtout un futur meilleur est un combat juste et il doit se poursuivre. Cependant, I’AJFER estime que le développement du pays ne peut commencer par la destruction. Les ennemis de notre émancipation ne sont pas les infrastructures publiques mises au service de l’intérêt général, nous ne devons pas nous tromper de cible.

Depuis le CIOM de 2009, l’AJFER a émis un certain nombre de propositions concrètes pour répondre aux revendications portées aujourd’hui encore par les jeunes, et notamment en ce qui concerne l’embauche des Réunionnais. Plus que jamais, ces questions demeurent d’actualité et nous entendons bien poursuivre la bataille.

L’AJFER soutient le peuple réunionnais en lutte et, face à ce système créateur d’injustices, appelle les dirigeants à la prise de mesures pour répondre à l’urgence. Par ailleurs, l’AJFER appelle la population à s’organiser pour la révolution idéologique, autour d’un véritable projet social durable pour notre île.

Gilles Leperlier,
Président de I’AJFER


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