Luttes sociales

Près de 126.000 demandeurs d’emploi à La Réunion

L’aggravation de la situation s’amplifie

Manuel Marchal / 29 janvier 2010

Alors qu’en France, le nombre d’une catégorie statistique de demandeurs d’emploi a diminué, à La Réunion, c’est une augmentation générale. Au mois de décembre, ce sont près de 126.000 Réunionnais qui étaient à la recherche d’un emploi. Or, depuis cette date, aucun fait n’a permis de constater une reprise.

Une nouvelle fois, les dernières statistiques du chômage sont catastrophiques. En décembre dernier, la pénurie d’emploi s’est encore accentuée. Désormais, près de 126.000 Réunionnais sont demandeurs d’emploi, soit une hausse de 0,5%. Entre décembre 2008 et décembre 2009, cette hausse est de plus de 20%.
C’est dans la catégorie A (travailleurs n’ayant pu avoir droit à plus de 78 heures de travail) que la hausse est la plus importante : +24% sur un an, contre 18,4% en France.
En ce mois de décembre, l’écart se creuse avec la France. Lundi dernier sur Tf1, le chef de l’État a annoncé une baisse du chômage. Le lendemain, les chiffres du Pôle Emploi sont publiés. Ils annoncent une baisse limitée à la catégorie A : -0,6%. À La Réunion, c’est au contraire une hausse de 0,7%.
Cette amplification de la crise à La Réunion se retrouve dans la part des chômeurs de longue durée. À La Réunion, leur nombre a augmenté de plus de 28%. En décembre dernier, plus de 47.000 Réunionnais étaient inscrits depuis plus d’un an au Pôle Emploi.
Alors que le nombre de travailleurs inscrits au Pôle Emploi augmente, les offres d’emploi proposées sont en diminution et sont encore plus précaires qu’avant. « De janvier à décembre 2009, Pôle Emploi a collecté 42.930 offres d’emploi à La Réunion. Ce nombre est en baisse de 1% par rapport à la même période de l’année 2008. Les emplois durables (plus de 6 mois) collectés sont en nette baisse de 15,2%. A l’opposé, les emplois temporaires et occasionnels augmentent respectivement de 10,6% et 12,6% », écrit Pôle Emploi.
Cette pénurie explique pourquoi les raisons de sortie du Pôle Emploi sont d’abord des motifs administratifs : la radiation et le défaut d’actualisation de la situation expliquaient en décembre plus de 65% des sorties, contre 14% liées à la reprise d’emploi, et 9,5% en raison d’une entrée en formation.
Ces données soulignent qu’à La Réunion, la crise est encore plus profonde qu’en France, et que la dégradation est encore plus rapide. De plus, elle a lieu dans un contexte de chômage de masse structurel. Car quand la France a commencé à être ébranlée par l’aggravation de la crise, le taux de chômage était à cette époque bien en dessous de 10%. À La Réunion, ce taux s’est toujours maintenu au-dessus de 20%. Et c’est à La Réunion, là où le taux de chômage est plus élevé qu’en France, que le nombre de chômeurs a augmenté plus vite que la moyenne des autres régions.
Cette situation rappelle que toutes les mesures décidées en fonction du contexte de la France ne pourront pas résoudre le problème. Elles soulignent l’urgence de mettre en œuvre des mesures adaptées capables de créer le plus rapidement possible les dizaines de milliers d’emplois nécessaires.

Manuel Marchal


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