Luttes sociales

Pression sur le piquet de grève de la CILAM

5e jour de grève et pas de dialogue

Témoignages.re / 4 juillet 2014

A la CILAM, des incidents ont opposé des éleveurs et les grévistes la nuit dernière. Les premiers voulaient forcer le piquet de grève pour livrer leur lait à la société. Les dirigeants de la CILAM refusent toute discussion, le conflit commence à pourrir, l’affrontement n’est pas loin. Le préfet est intervenu pour proposer un dialogue animé par l’Inspection du travail.

Comme l’an passé, les discussions ont bien du mal à commencer à la CILAM. Des travailleurs se sont mis en grève car ils estiment n’avoir aucune réponse quant à leurs revendications salariales. Ils soulignent que sur la base d’une expertise, il s’avère que la CILAM distribue chaque année 2,5 millions d’euros de dividendes à ses actionnaires. Pendant ce temps, elle ne propose que des augmentations inférieures à 30 euros aux salariés qui créent la richesse de la CILAM.
Dans ce conflit, le choix du pourrissement du conflit peut s’appuyer sur des divisions. La première est celle qui sépare les travailleurs des éleveurs. Ces dernier ont un temps limité pour livrer leur lait, sinon il est perdu. La direction refuse de discuter, le conflit s’enlise et les éleveurs ne demandent pas des comptes aux patrons de la CILAM. Leur colère est orientée vers les grévistes, et la nuit dernière, un incident a eu lieu.
La direction a réussi également à organiser une division au sein du personnel. Habillés en blanc, des non-grévistes ont défilé derrière une banderole dans la cour de l’usine. Ce matin, ils ont été acheminés par bus spéciaux devant la sous-préfecture de Saint-Pierre. Ils ont rencontré le représentant de l’Etat pour demander la levée du piquet de grève et ont fait part de leurs revendications, plus modérées que celle des grévistes. Ces derniers demandent une prime de 600 euros, en plus des augmentations proposées par la direction.
A la suite de ce mouvement, le préfet est intervenu. Constatant les effets du conflit sur la production de lait et les manifestations de violence, le préfet lance un appel au calme et au respect du droit.
Il invite aussi « les parties à ce conflit à reprendre le dialogue ». « Le service de l’inspection du travail se tient prêt à animer ce dialogue, dès lors que les parties en sont d’accord », précise le préfet.
Depuis cinq jours, la direction refuse de discuter avec les grévistes, elle a assigné des grévistes devant un tribunal. La tension ne cesse de monter et le climat se détériore. L’appel au dialogue sera-t-il entendu ?


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