Luttes sociales

« Prime COSPAR : la prolongation du dispositif en bonne voie »

Plus de 40.000 Réunionnais concernés

Témoignages.re / 22 mars 2013

Dans un communiqué diffusé hier, le Parti communiste réunionnais revient sur la bataille qui permet aujourd’hui l’examen de deux propositions de loi, dont celle du sénateur Vergès, visant à prolonger le bonus COSPAR. Grâce à la mobilisation des Réunionnais, et à sa traduction sur le plan parlementaire dès le 1er mars par le dépôt d’une proposition de loi de Paul Vergès, une seconde proposition a été déposée le 12 mars, et le 15 mars le gouvernement a décidé d’enclencher la procédure accélérée pour l’adoption de cette disposition qui concerne plus de 40.000 Réunionnais.

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Suites aux revendications populaires de 2009 liées au coût de la vie et dénonçant les profondes inégalités de traitement, le gouvernement avait mis en place le dispositif de la prime COSPAR, du nom du Collectif des Organisations Syndicales et Politiques de La Réunion. Cette prime constituait un complément salarial pour les travailleurs pauvres et était exonérée de charges sociales. Ce dispositif était initialement prévu pour une durée de trois ans, soit jusqu’en 2012.

Lors du débat en novembre 2011 sur les projets de lois de Finances 2012, le Sénateur Vergès a déposé un amendement demandant la prolongation de trois ans du dispositif de l’aide de l’État, soit jusqu’à 2015. Mais la majorité d’alors à l’Assemblée nationale avait réduit ce délai à un an, le dispositif devant donc s’éteindre courant 2013.

Il est à noter que cette prolongation d’un an s’inscrivait pourtant dans un contexte où le pouvoir d’achat des salariés les moins payés n’avait pas augmenté, et la situation économique et sociale continuait à se dégrader fortement.

La mobilisation des Réunionnais

Lors de la discussion en novembre 2012 du projet de loi de Finances pour 2013, le Sénateur Vergès a réitéré sa demande d’une prolongation pour trois ans.

Après un avis favorable de la Commission des finances du Sénat, l’amendement du Sénateur Vergès a été débattu en séance. Mais le gouvernement a donné un avis défavorable, pour des motifs d’ordre budgétaire.

En conséquence, l’amendement a été repoussé.

Sous l’impulsion notamment du Parti communiste réunionnais et d’organisations syndicales, les Réunionnais se sont alors mobilisés. Des pétitions regroupant des milliers de signatures ont été déposées en Préfecture le jour de l’ouverture de la Conférence économique et sociale sur l’Outre-mer à Paris organisée par le gouvernement en décembre 2012.

A l’issue de cette conférence, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a pris l’engagement solennel de prolonger jusqu’au 31 décembre 2013 cette exonération, au motif d’ « organiser une transition avec le nouveau dispositif de crédit d’impôt prévu dans le pacte de compétitivité ». Cette annonce était le résultat de la mobilisation des Réunionnais.

C’est dans cette optique que le gouvernement a déposé, en février 2013, un amendement, lors de la discussion du projet de loi portant création du contrat de génération, pour prolonger le dispositif.

Le Conseil constitutionnel a retoqué cette disposition, pour des raisons évidentes d’éloignement de l’objet de l’amendement par rapport au texte de loi déféré.

Procédure accélérée

Le Sénateur Vergès a donc déposé, dès le 1er mars 2013, une proposition de loi demandant la prolongation du dispositif COSPAR.

Onze jours plus tard, le Sénateur Vergoz a déposé à son tour une proposition de loi, cosignée par Mme Claireaux et Messieurs Larcher, Antoinette, Antisite, Cornano, Desplan, Gillot, Patient, Tuheiava, Mohamed Soilihi et les membres du groupe socialiste.

Le gouvernement a décidé, le 15 mars, d’appliquer la procédure accélérée sur les deux propositions de loi. La Commission des Affaires sociales, présidée par la Sénatrice Annie David, du groupe CRC, a nommé Michel Vergoz rapporteur sur les deux textes.

Selon toute vraisemblance, le texte sera examiné par le Sénat, dans les toutes prochaines semaines.

Mais toute cette procédure aurait pu être évitée si les amendements déposés par le Sénateur Vergès, tant en 2011 qu’en 2012, avaient été adoptés dans leur forme initiale.

Le Bureau de Presse du PCR


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