Luttes sociales

« Priorité à l’embauche des Réunionnais »

Revendication de l’AJFER largement partagée

Témoignages.re / 12 août 2013

La campagne « Rapport Lebreton, ça sent déjà pas bon ! » entre dans le cadre de la lutte menée par l’Alliance des Jeunes pour la Formation et l’Emploi à La Réunion (AJFER-Nou Lé Kapab) en 2009.

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Dans la rue principale de Saint-Joseph, des militants de l’AJFER s’apprêtent à passer à l’action.

Depuis quatre ans, Gilles Leperlier, président de l’AJFER-Nou Lé Kapab, atteste qu’ « il existe des postes disponibles à La Réunion, mais les jeunes formés à La Réunion en sont privés ». En effet, ce dernier explique que « plus que 55% des offres d’emploi ne passent pas par le Pôle Emploi à La Réunion » et pose un certain nombre de mesures entourant la proposition de « Priorité à l’embauche des Réunionnais ».

L’emploi des jeunes, une priorité pour les politiques

Lors d’une conférence de presse, le 2 août, Gilles Leperlier a évoqué le contexte de crise économique et financière, « le chômage reste élevé avec près de 26,4 millions de personnes sans emploi dans l’Union européenne », dont principalement les jeunes, qui « représentent au sein de l’UE le double de celui constaté pour la population active ». A La Réunion, près de 60% des jeunes sont sans emploi, et « chaque année, sur 1.000 embauches dans l’Education nationale, seulement 100 Réunionnais sont recrutés » , a expliqué l’AJFER-Nou Lé Kapab, qui précise que « plus de 900 Réunionnais attendent de rentrer au péi dans la Police » .

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Voici la reproduction du tract distribué samedi.

Lors d’une mobilisation le 20 mai 2013, l’AJFER-Nou Lé Kapab a présenté à la population et aux services de l’Etat un manifeste intitulé « Priorité à l’embauche des Réunionnais d’ici et d’ailleurs », dans laquelle l’association met en avant plusieurs mesures. L’association a rappelé les déclarations du Président de la République, François Hollande, qui a souhaité « que les jeunes ultramarins puissent accéder aux emplois créés localement, dans le secteur privé, comme dans le secteur public ». « Souhaiter autre chose serait absurde, mais là aussi, il est plus que l’heure d’agir » , a indiqué Gilles Leperlier.

La « Garantie Jeune » pour La Réunion

Pour l’AJFER-Nou Lé Kapab, « les mesures annoncées et prévues par le gouvernement auront des effets à court terme, mais ne donneront pas de perspectives stables aux jeunes » . Face à une situation s’aggravant d’année en année, la Commission européenne a décidé de mettre en place un plan de lutte contre le chômage des jeunes appelé Stratégie Europe 2020. La France possède son dispositif appelé « Garantie Jeune », qui cible les NEETs (ni étudiants, ni employés, ni stagiaires), accompagné d’un contrat d’engagement réciproque avec une allocation de 483 euros, ainsi que la formation et l’emploi. Cette garantie est financée à hauteur de 570 millions d’euros pour 12 régions de France répondant aux critères de la Commission européenne.

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L’information est passée également auprès des automobilistes.

Ce dispositif concerne 300.000 jeunes dans 8 régions de France et les 4 Départements d’Outre-mer (La Réunion, Guyane, Guadeloupe et Martinique), a expliqué Gilles Leperlier. Alors, « pourquoi l’expérimentation mise en place dès septembre 2013 par le gouvernement ne concerne que 10 départements quand il y en 12 éligibles ? », a posé le jeune homme.

La question posée par Gilles Leperleir fait référence aux propos de la Députée Ericka Bareigts qui a demandé que « La Réunion soit choisie comme territoire expérimental pour la “Garantie Jeunes”. « Arèt taz a nou ! », s’est indigné le jeune homme.

Céline Tabou

« Etre à la hauteur des attentes »

Gilles Leperlier a expliqué lors de la conférence de presse que « nous devons donc être à la hauteur des attentes de notre jeunesse, qui arrive sur le marché du travail » et « il en va de la responsabilité de nos parlementaires de sensibiliser le gouvernement et de faire des propositions pour la déclinaison d’un plan répondant aux attentes des jeunes face au chômage ». L’AJFER-Nou Lé Kapab propose de « détecter les NEETs et les réinsérer dans le système ; améliorer la lisibilité pour les jeunes et les employeurs ; adapter les formations en fonction des besoins réels de l’île ; développer les services d’aide à la création d’entreprises ; améliorer le niveau de stages et développer l’apprentissage et l’alternance ».

Mais aussi la mise en place d’un Service Unique de la formation, de l’orientation, de l’insertion professionnelle et de la mobilité, qui « devra rassembler l’ensemble des acteurs et être accessible à tous les jeunes pour un véritable accompagnement ». Car « nous pensons que cela doit se faire à l’issue du collège pour permettre une meilleure orientation et donner aux jeunes des possibilités d’alternance ». De plus, Gilles Leperlier souhaite « une orientation obligatoire à la 3ème, avec un suivi personnalisé, pour éviter le décrochage scolaire et assurer une insertion professionnelle efficace ». L’objectif, selon Gilles Leperlier, est de « permettre de réduire sur du long terme le chômage des jeunes, grâce entre autres à l’apprentissage et l’alternance ».


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