Luttes sociales

« Priorité à l’embauche des Réunionnais : Appel à la mobilisation générale »

Nouvelle campagne de l’AJFER-Nou lé Kapab

Céline Tabou / 19 avril 2013

À l’occasion d’une conférence de presse, l’AJFER-Nou Lé Kapab a appelé à la mobilisation générale le 20 mai 2013, à Saint-Denis. Moment pour appeler à la priorité à l’embauche des Réunionnais, car aujourd’hui, « on n’est plus au mot d’ordre, mais aux propositions concrètes ».

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Créée suite aux manifestations du COSPAR de 2009, l’organisation a continué « le combat mené pour l’emploi des jeunes Réunionnais » . Au cours de ces dernières années, l’AJFER-Nou Lé Kapab a mené plusieurs batailles de sensibilisation, d’information et d’action afin d’appeler à la priorité à l’embauche des Réunionnais.

« Un bilan étape de la lutte »

Auparavant taxés de raciste, extrémistes ou encore lepénistes pour cette revendication, « aujourd’hui, il y a une unanimité de la classe politique et des acteurs économiques et sociaux, mais il faut continuer la lutte, s’il n’y a pas de lutte, il n’y a pas d’avancée », a déclaré Béatrice Leperlier. De son côté, Hassan Issabhai a rappelé les trois dernières années de sensibilisation, information, réflexion, mobilisation et manifestation de l’organisation.

Suite aux mobilisations du COSPAR, « le gouvernement de Nicolas Sarkozy met en place les États généraux de l’Outremer », mais « il faut rappeler qu’aucun atelier n’avait été dédié à la jeunesse, car considéré comme un thème transversal », a indiqué le jeune homme. C’est dans un tel contexte, que « nous décidons de faire entendre la voix des jeunes Réunionnais auprès des services de l’État ». À travers un document intitulé "Nou Lé Kapab ! 1.000 projets pour les jeunes Réunionnais", l’organisation mène « plusieurs batailles pour la priorité à l’embauche des Réunionnais, à travers des réunions d’information et de sensibilisation auprès de la jeunesse réunionnaise, des mobilisations et manifestations en faveur de l’emploi à La Réunion ». Hassan Isshabai a cité les différentes actions menées « au Parc National, à la centrale EDF, à l’AGORAH, contre la casse des grands projets, en faveur des professeurs stagiaires contraints de quitter leur île bien que des postes fussent disponibles à La Réunion, ou encore avec les fonctionnaires ultramarins ».

Ce dernier a d’ailleurs annoncé la nomination d’un « métropolitain à la tête de la CGSS de La Réunion, alors qu’il existe des Réunionnais compétents pour occuper ce poste ». De plus, « les quelques évolutions obtenues sur le plan réglementaire, avec notamment les engagements pris lors du Conseil Interministériel de l’Outremer en 2009 et les circulaires mises en place comme en juillet 2010, sont aussi le résultat de batailles quotidiennes pour la défense des jeunes Réunionnais », a expliqué Hassan Isshabai. Ce dernier a également évoqué les engagements pris lors de la présidentielle et des législatives par les candidats sur le sujet, et notamment le chef de l’État, François Hollande, qui a rappelé sa volonté de voir les Ultramarins occuper les postes disponibles dans leur département d’origine.

Une mobilisation générale pour le changement

Également présent à cette conférence de presse, Stéphane Onesie administrateur du Groupe des Fonctionnaires ultramarins, a évoqué «  l’injustice  » vécue par les fonctionnaires de la Police nationale. Rappelant le soutien de l’AJFER-Nou Lé Kapab, lors de la mobilisation l’an dernier à la préfecture, Stéphane Onesie a évoqué l’opacité du système dans la fonction publique. « On s’est renseigné sur le système des mutations » et « concrètement, le système défavorise les Réunionnais. 80 à 90% des postes sont réservés aux métropolitains à La Réunion, je dis bien réservés », a-t-il expliqué. Mettant en avant les chiffres de juin 2012, il a expliqué que « sur 25 postes à La Réunion, 19 étaient pour des métropolitains, 5 Réunionnais ont bénéficié du rapprochement familial ou de raisons médicales et un Réunionnais venu prendre sa retraite chez lui, après 25 ans de boite ».

« Il y a un mouvement qui se lève » avec le dépôt d’une proposition de loi par Ericka Bareigts ou le débat suscité ces dernières semaines, mais « rien ne change, c’est toujours pareil. Le combat continue, c’est pour cette raison que nous nous joignons à l’AJFER pour participer à la sensibilisation et à la mobilisation », du 20 mai prochain, a expliqué Stéphane Onesie. « Ça s’agite beaucoup, mais quand on prend dans les faits, rien ne change. Tant que l’on ne verra pas un changement concret, ce ne sera pas gagné », a ajouté Béatrice Leperlier.

Évoquant la nomination de Patrick Lebreton, la jeune femme attend plus qu’un simple rapport, mais « une analyse de la situation à La Réunion et des propositions concrètes pour l’emploi des Réunionnais ». Car le contexte actuel « avec des manifestations qui éclatent partout », il faut « apporter des réponses concrètes » à la situation : « plus de 160.000 Réunionnais sont à la recherche d’un emploi, 120.000 illettrés, plus de 400.000 personnes vivant sous le seuil de pauvreté et près de 27.000 jeunes sont sans emploi », a expliqué Béatrice Leperlier.

Cette dernière a dénoncé « un système qui a atteint ses limites », car face à l’aggravation de la situation économique et sociale, « il est temps d’agir » . « Parce que les choses se décideront dans les mois à venir, il est indispensable de faire pression sur les autorités. Il nous faut lutter pour éviter d’avoir des mesures au rabais. Il nous faut l’unité du peuple Réunionnais, pour que demain plus aucun poste n’échappe aux Réunionnais.

C’est pourquoi nous appelons à la mobilisation générale » , le 20 mai 2013 devant la préfecture (à 10h) pour la priorité à l’embauche des Réunionnais. D’ici là, l’AJFER-Nou Lé Kapab mènera une campagne d’information et invite tout le monde, « citoyens, politiques, syndicats, associatifs, car il est important que tout le monde soit concerné » à se rassembler.

 Céline Tabou 

« Aux responsables politiques de prendre leurs responsabilités »

« La Réunion est un territoire spécifique, à partir de là il faut des mesures exceptionnelles » . Béatrice Leperlier a pointé du doigt « le manque de volonté politique » , face à l’absence de législation favorisant l’emploi des Réunionnais. C’est pour ces raisons que l’AJFER-Nou Lé Kapab exhorte « les responsables politiques, dont les parlementaires, à faire des propositions concrètes qui soient mises en place maintenant » .

«  On se révolte, mais on apporte aussi des propositions, comme les autres  », a indiqué Béatrice Leperlier. Cette dernière a rappelé les trois questions posées dans le débat ces derniers mois :

- à quand une loi pour que toutes les offres d’emploi passent par le pôle emploi ;

- à quand une loi sur la priorité à l’embauche locale dans le public et le privé ;

- à trois mois de la rentrée scolaire, est ce que l’on va encore laisser des gens venir de l’extérieur pour occuper les postes, alors que des jeunes diplômés peuvent occuper ces postes ?

Béatrice Leperlier a expliqué qu’au-delà de poser les problèmes, de sensibiliser et d’information la population sur la priorité à l’embauche des Réunionnais, l’AJFER – Nou Lé Kapab est «  force de proposition  », parmi lesquelles :

- La priorité à l’embauche des Réunionnais d’ici et d’ailleurs.

- La remise en cause du système de mutation pour les Réunionnais travaillant dans la fonction publique.

- L’adaptation du nombre de places aux concours en fonction des besoins réels de l’île.

- La transparence sur le recrutement dans la Fonction publique à La Réunion.

- L’obligation par tous les employeurs de déposer leurs offres au Pôle Emploi.

- Un état des lieux de la situation de l’emploi à La Réunion.

- L’établissement d’un besoin prévisionnel en emploi dans notre département et dans la zone océan Indien sur plusieurs années.

- Un plan de formation adapté, pour que les jeunes à La Réunion puissent occuper les emplois disponibles dans l’île et dans la zone océan Indien.

- La mise en place de mesures structurelles qui permettront véritablement de lever les obstacles à l’emploi (logements, transports...).

- Le développement des secteurs innovants et/ou porteurs d’activités et d’emplois.
- Le soutien à l’entreprenariat sous toutes ses formes, afin de permettre la création d’emploi à La Réunion.



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Messages






  • Cela fait des années maintenant que l’AJFER se mobilise pour que ,à compétences égales, la priorité à l’embauche à La Réunion revienne aux Réunionnais.
    Appliquer ce principe ne doit pas être confondu avec "discrimination à l’embauche",car la situation de chômage à La Réunion est trois fois plus préoccupante que dans l’Hexagone.A situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle.
    Acteurs politiques et ensemble de la population réunionnaise sont d’accord avec ce principe.
    Alors, pourquoi est-il si difficile de l’appliquer ?
    C’est à nous tous ensemble de faire bouger les choses.
    C’est la mobilisation générale qui fera aboutir nos revendications.Alors "alon met’ ensemb le 20 mai"

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