Luttes sociales

Prix et revenus : l’écrasante responsabilité de l’État

Une spécificité de La Réunion

Témoignages.re / 21 juillet 2011

Le 21 juillet 1922, le gouverneur de La Réunion promulguait la loi du 12 avril 1922 attribuant une indemnité de cherté de vie aux petits retraités et pensionnés de l’État. Quels enseignements à tirer de cet anniversaire ?

Avant les conquêtes sociales obtenues par le Front populaire et appliquées dans notre île grâce à la mobilisation des forces progressistes qui plus tard créèrent le CRADS, les fonctionnaires d’État avaient déjà le droit à la retraite. L’âge de départ était fixé à 60 ans, et il fallait avoir servi 30 ans pour avoir droit à une retraite complète.
Le 12 avril 1922, le gouvernement de la France opère une distinction entre ses pensionnés et les autres, puisqu’il leur donne un complément de revenu pour faire face à la cherté de la vie.
À l’époque, La Réunion est une colonie, il faut donc attendre que l’administration coloniale promulgue la loi pour qu’elle s’applique dans notre île. C’est fait le 21 juillet 1922.

L’État fixe la majorité des revenus

Cet anniversaire rappelle une des spécificités de notre île : la responsabilité de l’État dans la fixation des revenus. Cette responsabilité est toujours plus importante. Car ce sont non seulement les fonctionnaires d’État, mais également tous les retraités, les salariés payés en fonction du SMIC et les travailleurs privés d’emploi vivant avec un minimum social qui voient leur salaire fluctuer en fonction de décisions prises par l’État.
D’un autre côté, l’État a également une grande responsabilité dans la fixation des prix. C’est en effet son représentant qui décide du prix de vente des carburants. À La Réunion, toutes les marchandises circulent sur des véhicules fonctionnant avec un carburant dont le prix est fixé par la préfecture. Cela signifie que l’impact de chaque décision de l’État est répercuté sur le prix final.

La cherté de la vie

Mais à la différence de tous les intermédiaires, l’acheteur final ne peut pas se retourner vers quelqu’un d’autre pour augmenter son pouvoir d’achat lorsque les prix grimpent. Il doit se débrouiller avec un salaire dont l’évolution dépend très souvent d’une décision de l’État. Mais si on prend l’exemple du travailleur payé en fonction du SMIC, la hausse de ce salaire minimal est décidée en fonction de l’inflation en France. Cette dernière est plus faible qu’à La Réunion. Conséquence, la réévaluation n’est pas suffisante, et le travailleur voit son pouvoir d’achat diminuer.
Mais dans la situation actuelle, un acteur a la possibilité d’améliorer cette situation, c’est l’État. Il peut par exemple réduire la pression sur les prix en diminuant une TVA qui rapporte 100 millions d’euros de plus que l’octroi de mer, tout comme il peut revaloriser les revenus les plus faibles. Si en 1922, l’État a accordé une indemnité de vie chère à ses retraités, c’est bien parce que leur situation était intenable. 89 ans après, la situation reste intenable pour la majorité de la population à La Réunion.

M.M.


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Programme des réunions de cellules pour les mois de juillet et août 2011

• Section du Tampon

Vendredi 22 juillet à 17h00 : la réunion a bien lieu chez Paul Niobe et non chez Benoît Blard

Samedi 13 août à 14h00 : Assemblée générale de la section - chez Jeannot Técher (chemin Portail 3 Mares)

Tous les mardis à 17h30 : réunion du bureau de section

Section Bras-Panon
Samedi 13 août à 14h00 : Assemblée générale


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