Luttes sociales

Questions sans réponses pour la rentrée

Alors que l’année scolaire se termine

Manuel Marchal / 2 juillet 2012

À un peu plus d’un mois de la nouvelle rentrée, le seul changement annoncé est l’attribution de 15 postes supplémentaires dans le Primaire. L’Intersyndicale demande que soient annulées toutes les suppressions décidées pour cette rentrée par l’ancien gouvernement, il manque encore 146 postes. À ce jour, un député sur sept a réagi pour soutenir le gouvernement et pas la communauté éducative. Quant au transfert de centaines de personnes ayant déjà un emploi en France vers La Réunion, aucune annonce remettant en cause ce phénomène n’a été entendue.

Les vacances scolaires approchent, et certains les ont déjà anticipées pour bénéficier de billets d’avion moins cher pour aller en France. C’est dire qu’au moment où les résultats des examens sont publiés, l’attention se concentre vers l’avenir, c’est-à-dire la première rentrée scolaire du gouvernement.
Son prédécesseur avait décidé de poursuivre les suppressions de postes à La Réunion. Si Sarkozy avait été réélu, 161 postes auraient été supprimés à la rentrée. D’où une grande volonté de changement, manifestée notamment chez les syndicats.

Combien de classes supprimées ?

La première réponse du gouvernement, c’est l’annonce de la création de 15 postes supplémentaires de professeurs des écoles. S’il faut un début à tout, c’est tout de même loin de rattraper tous les postes supprimés par l’ancien gouvernement. Autrement dit, toutes les classes qui devaient fermer à la rentrée le seront sauf 15. Rappelons que dans une commune comme Saint-Denis, la municipalité avait participé à des manifestations pour dénoncer la fermeture de 11 classes…
Pour l’Intersyndicale de l’Education, la priorité, c’est de revenir sur toutes les suppressions décidées par l’ancien gouvernement. Il reste donc 146 postes à rattraper. Les syndicalistes invitent d’ailleurs mercredi les parlementaires à en discuter, au local de la CGTR, dans une table ronde "Urgence Education Réunion". Parmi les parlementaires, les nouveaux députés ont brillé par leur discrétion sur ce dossier, alors que la lutte contre les fermetures de classes était un argument électoral souvent utilisé. Une seule députée sur sept a réagi dans un communiqué, où elle affiche sa solidarité avec la décision du gouvernement en affirmant que les postes promis viendront plus tard. Chez les six autres, c’est le silence.

Des emplois pour qui ?

La rentrée, c’est pourtant dans un peu plus d’un mois. Quelle sera donc l’efficacité de ces élus qui se disent de la majorité présidentielle et qui ont tous dit voter François Hollande au second tour de la présidentielle.
Pour cette rentrée, il est un autre dossier qui mérite tout autant d’être abordé. C’est celui du transfert à La Réunion chaque année de centaines de personnes ayant un travail en France pour y occuper un poste.
Cette migration organisée par l’État a un coût considérable aussi bien financier que social. Car pendant ce temps, des milliers de jeunes Réunionnais susceptibles d’occuper ces postes doivent partir, se déqualifier ou être au chômage. C’est un véritable gâchis des compétences de la jeunesse réunionnaise. La rentrée sera-t-elle le moment de changement pour mettre fin à cette injustice ?

M.M.


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