Luttes sociales

Qui a organisé l’installation de 14.000 personnes en Nouvelle-Calédonie ?

L’USTKE pose le problème du respect de la loi sur l’emploi local

Témoignages.re / 15 juin 2011

Voilà le compte-rendu de la mobilisation de l’USTKE le 9 juin dernier devant le bureau de Manpower. Et il s’avère que la question va beaucoup plus loin que l’embauche d’un Réunionnais. L’USTKE constate qu’en quelques années, 14.000 personnes se sont installées en Nouvelle-Calédonie pour y travailler, une « forme d’immigration contraire à la mise en place du texte sur l’emploi local ».

« Une mobilisation s’est faite hier (le 9 juin - NDLR) devant les locaux de Manpower à Ducos (zone industrielle). Pourquoi une telle agitation devant cette agence d’intérim ? Un document émanant de Manpower a circulé sur la toile du web indiquant aux cybernautes ou à ceux qui recherchaient un emploi qu’ils pouvaient prétendre à un poste dans notre pays.

« Un document émanant de vos services circule sur internet et incite la venue de Réunionnais dans notre pays. À l’heure actuelle où l’on se bat pour que le texte sur l’emploi local soit effectif et applicable. Il n’est pas normal que ce genre de réseau puisse s’étendre et s’installer ici ! Nous savons que M. Descombels était allé à La Réunion pour un partenariat avec Air Austral, il y a quelques années quand il était à la province Sud. Aujourd’hui, nous vous alertons sur ce sujet qui est sensible. Nous souhaitons que vous nous fassiez part de votre point de vue sur ce sujet », a indiqué Alphonse Pujapujane, premier vice-président de l’USTKE à l’ouverture de la rencontre. Trois des représentants de la direction étaient autour de la table hier matin, en face d’eux sept de nos responsables syndicaux ont tour à tour indiqué la position de notre organisation syndicale concernant le sujet sur l’emploi local. De leurs côtés, les membres de la direction, en l’absence du directeur, ont assuré à nos responsables syndicaux d’émettre d’ici une semaine un communiqué de presse concernant ce document fâcheux. « C’est vrai qu’il existe un dispositif de recrutement mais c’est entre l’île de La Réunion et la métropole. Ce dispositif a été mis en place en 2009 mais il n’a été utilisé qu’une seule fois pour le territoire. C’est-à-dire qu’une seule personne a été recrutée pour un poste en HSE. De plus ce document a été diffusé et développé pour des compétences qui n’existent pas en N-C », a assuré l’une des membres de la direction de Manpower.
« Votre agence est-elle entrée dans un réseau d’immigration ? », s’est inquiété notre premier vice-président. « Entre l’an 2000 et 2004 : 14.000 personnes sont entrées en N-C et s’y sont installées d’où notre inquiétude et notre démarche pour dénoncer cette forme d’immigration contraire à la mise en place du texte sur l’emploi local », a-t-il insisté. « Nous comprenons votre démarche et notre travail repose depuis dix ans sur le recrutement des locaux, nos principaux demandeurs d’emploi sont des Kanaks et des Wallisiens... Nous plaçons 400 à 500 personnes par jour », a répondu l’un des personnels de la direction. « Le pays est amené à se développer très activement et nos exigences reposent sur deux principes fondamentaux concernant l’emploi local : une exigence économique et l’autre s’appuie sur un motif politique », a rappelé André Forest à ses interlocuteurs.
Le deuxième vice-président de notre organisation syndicale a invité les responsables de Manpower à considérer cette première action comme un avertissement et de rajouter que la mobilisation de l’USTKE irait en crescendo si d’aventure nos revendications n’étaient pas prises au sérieux par l’agence d’intérim.
Il a été convenu entre les deux parties, une prochaine rencontre durant laquelle un démenti formel sera rédigé par la direction afin que ce genre d’initiative émanant de leur service ne se reproduise plus. De même qu’il leur a été suggéré de communiquer sur ce sujet dès le retour de leur directeur.
D’ici là, les responsables de l’USTKE ont invité les militants présents à cette occasion de rester vigilant et à l’écoute des mots d’ordre du bureau confédéral afin de se mobiliser contre ces réseaux d’immigration massive qui fleurissent un peu partout dans le pays. »


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