Luttes sociales

Qui manœuvre pour faire culminer la crise sociale en 2012 ?

Sabotage du RSTA et opacité des recrutements dans le Premier degré

Manuel Marchal / 20 août 2009

La conférence de presse du Parti communiste réunionnais ouvre une série de questions qui amènent à s’interroger sur les manœuvres de décisionnaires publics dans la gestion de la crise actuelle. Saboter le RSTA, est-ce vouloir faire monter la tension sociale jusqu’à la présidentielle ? Pourquoi des responsables administratifs se mettent-ils en travers de la volonté du président de la République de vouloir assurer la promotion des compétences locales dans la fonction publique d’État ?

• Qui cherche à miner la campagne de la prochaine présidentielle ?
Le RSTA est une réponse à une demande urgente, et il s’avère que sa durée est de trois ans. Le point de départ se situant en mars 2009, le RSTA sera opérationnel jusqu’à la prochaine présidentielle. Il vise à apporter une réponse à la question du pouvoir d’achat, et donc à apaiser le climat social d’ici les élections de 2012.
Mais du fait du nombre considérable d’ayants droits exclus du dispositif, le RSTA va avoir une fonction totalement opposée de l’objectif de départ. Loin d’apporter la paix sociale jusqu’à la présidentielle, le RSTA va nourrir les frustrations des ayants droits qui sont dans l’impossibilité de toucher ce complément de revenu. Qui cherche donc à miner la campagne électorale de la prochaine présidentielle ?

• Qui se met en travers de la volonté de promouvoir l’encadrement local dans la Fonction publique d’État ?
Aux États généraux en Guadeloupe, le président de la République a donné sa position sur la place des locaux dans la Fonction publique d’État :
« Il faut que la France accepte d’être plus ouverte. On est bien contents de trouver des Guadeloupéens et des Guadeloupéennes pour être gardien de la paix, agent de catégorie C ou agent d’exécution dans nos préfectures ou dans nos grands corps de la fonction publique.
Et comme par hasard, dès qu’il s’agit d’un poste de directeur, d’un poste de préfet, d’un poste de ministre, y compris d’outre-mer, on dit "Attention, ne nommons pas d’Antillais, ils vont être trop sensibles au climat local". Ce raisonnement est absurde, car être sensible au climat local, après tout pourquoi pas ?
Mais en tout cas, ne rien connaître à un territoire n’est pas non plus une garantie absolue de compétence générale et omnisciente. Et d’ailleurs, quand j’ai eu à choisir un ministre pour l’outre-mer, je me suis dit, dans le fond, je veux faire droit à la demande des Antillais d’exercer davantage de responsabilités dans l’appareil de l’État à des postes de direction. À choisir un ministre, dois-je donc aller choisir quelqu’un qui ne n’est pas de l’outre-mer ? Alors quelle est ma crédibilité si je fais le contraire de ce que je demande aux autres ? C’est la raison pour laquelle je suis très heureux d’avoir une Guadeloupéenne à la tête du Secrétariat d’État à l’Outre-mer ».

Les postes d’enseignants sont aussi des postes d’encadrement. Ils relèvent aussi du cadre d’emplois A. Alors qui, à La Réunion, tente de se mettre en travers de la volonté présidentielle de promouvoir la place des locaux dans le cadre A de la Fonction publique d’État ?

M.M.


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