Luttes sociales

Reprise de la grève et extension du mouvement ?

Stations service Tamoil

Témoignages.re / 21 septembre 2009

Une compagnie pétrolière Tamoil veut augmenter sa marge en diminuant celle des gérants de station service. Selon ces derniers, l’emploi des pompistes serait alors directement menacé. Suspendu ce week-end, le mouvement pourrait alors s’élargir aux autres enseignes.

Les gérants des stations service Tamoil ont suspendu ce vendredi soir 18 septembre 2009 le mouvement de grève entamé ce mercredi par 24 des 28 stations de cette enseigne. Le mouvement de protestation doit reprendre ce matin. Les gérants des stations services des autres pétroliers n’ont pas exclu de laisser leurs rideaux baissés en solidarité avec les protestataires. La grève a commencé après la décision de Tamoil de rogner sur les marges bénéficiaires de ses gérants de stations. Cela pour compenser la récente hausse, jugée insuffisante par le pétrolier, du prix des carburants.
En effet, en dépit de tous les rapports officiels jetant la suspicion sur les informations transmises par les pétroliers au préfet, ce dernier a malgré tout décider d’augmenter les prix des carburants le 15 septembre dernier. Les pétroliers, et Tamoil en particulier, ont donc estimé que cette hausse n’était pas suffisante pour combler les déficits qu’ils déclarent subir.


Si les autres compagnies tablent sur une prochaine décision du préfet allant encore dans le sens d’une augmentation des prix carburants, Tamoil a immédiatement annoncé à ses gérants une diminution de leur marge. Elle est actuellement de 10 centimes par litre de carburant vendu. Le pétrolier va passer cette marge à 6 centimes par litre de sans plomb et à 9 centimes par litre de gasoil.


Vendant mensuellement 100.000 litres de sans plomb et 200.000 litres de gasoil, les grévistes soulignent que la baisse des marges leur fera perdre 6.000 euros par mois. « Avec un tel manque à gagner, aucun gérant n’est en mesure de continuer à exploiter sa station sans licencier » prévient Gérard Lebon, président du syndicat des gérants de stations service.
Vendredi, les grévistes avait durci leur mouvement en bloquant les accès au dépôt de la Tamoil au Port et en empêchant le ravitaillement des camions citernes de ce pétrolier à la SRPP (société réunionnaise des produits pétroliers). Leur colère était d’autant plus grande que Tamoil a décidé de mettre fin au contrat de gérance d’une station Saint-Denis et d’une autre à Plateau Caillou.
Le pétrolier gérera directement ces unités de vente. « Tamoil donne des stations en gérance lorsque tout va bien pour ne pas s’embarrasser des problèmes de gestion et elle reprend ses billes dès que la situation est plus tendue pour garder toutes ses marges. Ce ne sont pas des méthodes acceptables », s’insurgent les grévistes, également préoccupés par le sort que Tamoil réservera au personnel des pompes concernées.

Aucune rencontre n’a eu lieu entre le pétrolier et les grévistes. Depuis vendredi ces derniers avaient obtenu l’assurance que leur syndicat leur viendrait en aide financièrement. Ce lundi la solidarité des gérants pourrait aller jusqu’à l’extension de la grève à toutes les stations.


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