Luttes sociales

Rester mobilisé contre la réforme des retraites

Sophie Périabe / 20 juillet 2010

Avant la grande journée de protestation prévue, le 7 septembre prochain, l’intersyndicale (FSU, CDTC, CFDT, CGTR, UNSA, FO, Solidaires, UNEF et UNL) reste mobilisée contre la réforme des retraites. Durant le mois d’août, des actions de terrain sont au programme, distribution de tracts, meeting, etc., ainsi que des rencontres avec les parlementaires locaux.

Hier débutait l’examen de la réforme des retraites dans les commissions parlementaires avant le début des débats prévus dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale le 7 septembre prochain. Dans notre île, « le maître mot de l’intersyndicale reste la mobilisation » souligne Jean Pierre Rivière, représentant de la CFDT.
Aux côtés de Huguette Bello, députée-maire de St Paul, les représentants de l’intersyndicale a rappelé les conséquences graves que cette réforme va engendrer et lancent un nouvel appel à la mobilisation de tous les réunionnais.

Le système français sera le plus rude d’Europe

Selon la députée-maire Huguette Bello, « le gouvernement remet en cause un système de solidarité mis en place par le Conseil National de la Résistance en 1945 par des personnes de droite et de gauche ». Avec la réforme proposée par le gouvernement, « les salariés devront travailler jusqu’à 62 ans pour avoir une retraite à taux plein, et même jusqu’à 67 ans pour des personnes qui n’auront pas assez cotisé notamment les femmes ». Quant aux personnes qui auront commencé à travailler très tôt, ils ne pourront plus aller à la retraite à 60 ans. « C’est une réforme de régression sociale. Le système français sera le système le plus rude de toute l’Europe » poursuit la parlementaire.
Notre système de retraite basé sur la solidarité intergénérationnelle est envié de tous. Une réforme des retraites est aujourd’hui nécessaire au vu du déficit, mais celle proposée par le gouvernement ne règlera pas le problème. « Tant qu’on n’a pas régler le problème de l’emploi, les caisses seront toujours déficitaires car il n’y aura pas assez de travailleurs pour cotiser » indique Marie Hélène Dor, représentante de la FSU.
Cette réforme touche de plein fouet également la jeune génération qui accède au marché du travail aux alentours de 30 ans. « Nous n’irons jamais à la retraite. Aujourd’hui, nous sommes obligés de faire des études longues pour espérer trouver un emploi. Nous demandons donc que les années d’études supérieures soient prises en compte dans les décompte des annuités » précise Camille Maillot, présidente de l’UNEF Réunion. L’étudiante se dit scandalisée et choquée par les publicités que l’on peut voir à la télé, « c’est de l’hypocrisie gouvernementale ».

Prendre en compte les spécificités réunionnaises

Avec un taux de chômage chez les jeunes de 50%, une majorité des retraités au minimum vieillesse, et une situation qui ne s’arrange pas, la population réunionnaise va subir de plein fouet les injustices de cette réforme. Pour Corine Ramoune de la CGTR, « il n’y a pas d’autre choix que la mobilisation et l’action ». Durant le mois d’août, Huguette Bello, en tant que parlementaire, auditionnera les représentants de l’intersyndicale pour « avoir une approche réunionnaise de cette réforme, proposer des amendements qui intéressent la Réunion et l’Outre-mer. Nous l’avons déjà fait dans le cadre de la LOOM en 2002 et cela a porté ses fruits ». A l’époque les négociations avaient abouti à la mise en place notamment du congé solidarité, « qui permettait à un jeune de moins de 30 ans de remplacer un départ en pré-retraite » explique Corinne Ramoune.

L’intersyndicale poursuit donc son action le 11 août prochain par une distribution de tracts dans les zones industrielles de l’île. Le 21 août, un meeting sera organisé avec l’ensemble des militants. Enfin, le 4 septembre, l’intersyndicale fera une ultime distribution de tracts sur la voie publique avant les deux manifestations du 7 septembre à St Denis et à St Pierre.

Sophie Périabe


Kanalreunion.com