Luttes sociales

Retraite des agriculteurs : 935 euros minimum tout de suite

La CGPER écrit à François Hollande

Témoignages.re / 9 juin 2014

Dans un courrier adressé au président de la République, Jean-Yves Minatchy, président de la CGPER, détaille les revendications du syndicat en faveur des agriculteurs retraités.

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Photo Toniox

Monsieur le Président de la République,
Les anciens exploitants agricoles réunionnais sont dans l’attente d’un plan de rattrapage de leurs petites retraites à 75% du SMIC comme vous l’avez promis dans l’Hexagone sur les trois prochaines années.

Ici, à La Réunion, nous constatons que la quasi-totalité des 15 000 bénéficiaires d’une allocation de vieillesse agricole vivent en-dessous du seuil de pauvreté monétaire avec moins de 900 euros par mois. Parmi eux, 64% vivent avec moins d’un Revenu de Solidarité Active de 500 euros. Pire, 25% d’entre-eux touchent moins de 100 euros par mois. Et à l’heure où la retraite agricole moyenne s’établit à 775 euros par mois en Métropole, dans l’île elle n’est que de 370 euros.

Notre syndicat attire régulièrement l’attention des pouvoirs publics sur cette situation alarmante. Comme solution urgente, nous proposons de verser à tous les retraités agricoles une pension minimale équivalente au seuil de pauvreté de 935 euros. Mais force est de constater qu’aucune réponse n’est apportée à notre demande puisque des retraités agricoles continuent de vivre dans la précarité et de réclamer une retraite digne.

Pourtant, notre revendication est légitime en faveur de tous les anciens exploitants qui ont travaillé péniblement pendant une quarantaine d’année dans des conditions souvent très difficiles pour gagner leur vie et nourrir la population locale. La revalorisation de leur retraite agricole aurait permis de lutter contre leur pauvreté, comme votre projet d’attribution d’un « RSA Jeune » pour lutter contre la pauvreté des moins de 25 ans.

Nous vous informons que cette revendication reste notre cheval de bataille. Elle nous paraît juste et équitable. Nous demandons un rattrapage minimal au seuil de pauvreté national dans l’intérêt de tous les anciens exploitants de La Réunion. Les spécificités locales plaident en leur faveur : des superficies exploitées restreintes, un coût de la vie plus cher, une pénibilité du travail plus forte et une espérance de vie, moindre.

La loi sur la retraite votée récemment à l’Assemblée Nationale ne répond pas pleinement à notre réclamation. Pour nous, tous les agriculteurs qui ont travaillé péniblement doivent avoir une retraite minimale de 75% du SMIC (1084 euros) sans condition de cotisation de retraite complémentaire, ni de durée minimale d’exercice de l’activité agricole.

Par ailleurs, la revalorisation de la retraite agricole permettrait de libérer 4 000 hectares de terres agricoles pour installer près de 500 nouveaux agriculteurs. La transmission de l’exploitation entre jeunes et anciens agriculteurs sera ainsi faciliter. Le cédant bénéficiera d’une allocation vieillesse digne et cédera plus facilement l’exploitation à l’âge légal de départ à la retraite.

Il est grand temps de lever cette injustice sociale afin de permettre à tous les anciens exploitants et futurs retraités agricoles de vivre dignement d’une retraite bien méritée après des années de dur labeur.

Pour cela, nous insistons sur l’attribution immédiate d’une retraite agricole au niveau du seuil de pauvreté monétaire (935 euros) pour tous les anciens exploitants, l’exonération de leur pension de retraite de la CSG, la suppression de la TFNB que paient tous les anciens agriculteurs propriétaires à la retraite et le financement de boutiques de solidarité et de proximité en leur faveur. En attendant, la mise en œuvre, d’une retraite à 75% du SMIC (1 084 euros) pour tous les agriculteurs réunionnais sur les trois prochaines années.

Nous vous prions de bien vouloir agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre plus haute considération.

Le Président de la CGPER,
Jean-Yves MINATCHY


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