Luttes sociales

Retraites : une proposition encore plus grave pour La Réunion

Début de la conférence sociale en France

Témoignages.re / 21 juin 2013

Une proposition essentielle a été annoncée au sujet des retraites lors de la première journée de la Conférence sociale inaugurée par le président de la République : l’allongement de la durée de cotisation.

Hier, le président de la République a ouvert la seconde conférence sociale organisée sous son quinquennat. Ce format de rencontre regroupe les syndicats, le patronat et le gouvernement. La conférence a lieu au siège du Conseil économique et social, Palais d’Iéna à Paris. Les thèmes de l’emploi et des retraites étaient à l’ordre du jour. Sur l’emploi, le président de la République a précisé qu’en attendant le retour de la croissance, l’accent est mis sur les emplois aidés. 33.000 emplois d’avenir sont signés à ce jour sur 100.000 prévus pour l’année. François Hollande a aussi annoncé la réforme du RSA. Quelques jours après la publication du rapport sur les retraites, c’est sur cette question que le chef de l’État était le plus attendu.

Il a estimé que « prolonger la durée de cotisation est la mesure la plus juste à condition qu’elle soit appliquée à tous et à tous les régimes ». Il considère qu’être responsable, c’est « tirer toutes les conséquences de cette chance formidable qu’est l’allongement de l’espérance de vie ».

Double peine

En France de tels changements auront un impact négatif sur le niveau des pensions, si jamais ils sont appliqués en l’état. Mais pour La Réunion, les conséquences seront beaucoup plus graves. En effet, dans notre île, le taux de chômage est proche de 30%, et plus de la moitié des jeunes de moins de 25 ans sortis de l’école sont sans emploi. Cela rend donc très difficile la capacité à cotiser une carrière complète pour avoir le nombre d’années requis. En cas d’allongement de cette durée, les Réunionnais qui auront la possibilité d’avoir une retraite à taux plein seront encore plus minoritaires.

C’est un effet de la pénurie d’emploi qu’aucun gouvernement n’a jusqu’à présent réussi à résoudre.

Le second point avancé pour justifier une possible réforme, c’est l’allongement de l’espérance de vie. L’argument, c’est qu’en vivant plus longtemps, la retraite dure plus longtemps. Il est donc tentant pour les décideurs de jouer sur cette donnée. Sans remettre en cause officiellement l’âge du départ à la retraite à 62 ans, les conditions sont créées pour rendre cette éventualité quasi-impossible sous peine d’une importante décote.

Or, à La Réunion, l’espérance de vie est inférieure à celle de la France : « en 2009, l’écart avec la métropole est de 1,6 an pour les femmes et 2,9 ans pour les hommes », écrit l’INSEE dans sa publication sur la parité entre les femmes et les hommes à La Réunion. Les Réunionnais seront donc doublement pénalisés.

Minimum vieillesse

Dans le contexte de La Réunion, l’allongement de la durée de cotisation aura donc des effets bien plus graves qu’en France.

Dans le droit fil des précédentes réformes lancées depuis Balladur, celle qui est proposée risque donc d’avoir des effets dévastateurs à La Réunion. Étant donnée notre situation, c’est le minimum vieillesse qui sera le revenu pour de plus en plus de retraités. Les spécificités de La Réunion seront-elles entendues pour éviter le pire ?

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Ce graphique montre l’écart de l’espérance de vie entre La Réunion et la France.

  M.M. 

Fonctionnaires : FSU proteste contre le gel du point d’indice

Les fonctionnaires continuent de percevoir les effets des restrictions budgétaires. Le gouvernement a décidé de geler le point d’indice, ce qui signifie que si un fonctionnaire ne progresse pas dans sa carrière, son salaire reste bloqué. La FSU proteste.

La ministre de la Fonction publique vient d’annoncer le maintien du gel du point d’indice en 2014. Madame Lebranchu n’a pas eu le courage de l’annoncer aux syndicats qu’elle rencontre régulièrement et a préféré le faire par voie de presse. 

Utiliser les mêmes méthodes que l’ancien gouvernement démontre le simulacre d’un dialogue social. En même temps, cela est l’aveu d’une incapacité de ce gouvernement par sa politique actuelle à relancer la croissance en 2014 puisque celle-ci était un préalable à l’augmentation du point d’indice. 

Le pouvoir d’achat des fonctionnaires ne cesse de diminuer et la grogne se fait déjà entendre. Les salariés descendront dans la rue si la ministre reste sur cette décision. 

Christian Picard 
SD FSU


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