Luttes sociales

Révolte contre la casse de la fonction publique

Nouvelle manifestation contre les suppressions de poste

Manuel Marchal / 17 février 2011

Le tiers des emplois-aidés et plus de 160 postes supprimés à la rentrée prochaine dans l’Éducation nationale, c’est une véritable attaque en règle contre la fonction publique à La Réunion. Les principales victimes seront les Réunionnais, usagers et travailleurs de l’Éducation nationale.

Hier à La Réunion, la mobilisation contre les suppressions d’effectif a franchi une nouvelle étape avec l’organisation d’un premier rassemblement. À 14 heures, rendez-vous était donné devant le Rectorat. Aux côtés des syndicalistes enseignants, lycéens et administratifs, Huguette Bello, députée-maire de Saint-Paul, et Yvon Bello, conseiller général de La Rivière ont apporté la solidarité des responsables politiques.
Quelques heures auparavant, le Conseil général réuni en Commission permanente a voté une motion s’élevant contre les suppressions d’effectifs.
« Le Conseil général interpellera officiellement le Gouvernement sur les conséquences de cette mesure particulièrement pénalisante à La Réunion et sur la nécessité de mettre en place des moyens adaptés à la priorité de l’éducation des jeunes Réunionnais », affirme le texte de la motion présentée par Yvon Bello aux manifestants.
Les Réunionnais usagers et travailleurs de l’Éducation nationale sont les principales victimes de cette attaque en règle du gouvernement UMP contre le service public. La présence des syndicalistes de l’Union nationale des lycéens (UNL) rappelle en effet que la conséquence de la politique du gouvernement, c’est la dégradation des conditions d’enseignement avec à la clé de plus importantes difficultés pour accéder à la formation nécessaire à l’obtention d’un emploi.
Les coupes budgétaires touchent fortement les Réunionnais en emploi précaire qui pourtant effectuent des missions qui ont un caractère permanent. C’est le refus de renouveler le contrat aidé d’une secrétaire qui est à l’origine de la manifestation des parents d’élèves de l’école de Bras Creux voici quelques jours. De sources syndicales, un tiers des contrats-aidés vont être supprimés dans l’Éducation nationale, ce sont des emplois qui permettent pourtant à des Réunionnais de sortir du chômage.
À cela s’ajoute la baisse des effectifs dans l’administration et chez les enseignants. Le SGPEN-CGTR constate que cette année, tous les lycées professionnels et un tiers des collèges sont en sous-effectif dans le domaine de l’administration.
Lors de sa dernière conférence de presse, le recteur a annoncé la suppression de plus de 160 postes d’enseignants. Devant la proposition de transformer les heures supplémentaires en postes, le responsable de l’Éducation nationale à La Réunion dit que les crédits ont déjà été votés, ce qui rend difficile toute souplesse dans ce domaine.
Face à ses réponses insuffisantes de l’administration, un appel est lancé pour amplifier le mouvement.

Manuel Marchal


La FSU dénonce les violences subies par les jeunes

« Suite aux graves incidents dont ont été victimes les lycéens du lycée Rolland Garros au Tampon et tout particulièrement les représentants de l’UNL dont Alexis Chaussalet, responsable de l’organisation lycéenne, la FSU tient tout d’abord à affirmer son soutien à ces jeunes qui exerçaient leur droit constitutionnel à manifester contre les suppressions de postes dans l’Éducation nationale dont ils seront les premières victimes. Dans un pays de droit, il n’est pas acceptable que de tels comportements policiers puissent encore s’observer face à une jeunesse qui se bat légitimement pour son avenir. Nous demandons que les responsabilités soient établies et que ceux qui ont pris l’initiative d’ordonner de tels actes s’expliquent ».


Le SGPEN-CGTR appelle à amplifier le mouvement

« Les personnels administratifs sont également concernés par les suppressions de postes. Cette année les centres d’information et d’orientation seront particulièrement dégraissés.
En effet, les 5 nouvelles suppressions de postes administratifs porteront à 55 le nombre de postes administratifs supprimés ces dix dernières années avec pour conséquence des tâches toujours plus lourdes, un stress qui s’amplifie, des services au bord de l’asphyxie, la quasi-inexistence de places offertes aux concours, l’absence de perspectives de titularisation pour les contractuels
Ces suppressions d’emploi interviennent dans un contexte de sous effectif aigu. (…) Cette année 13/13 LP seront déficitaires, soit 100% des LP, c’est dire le peu d’intérêt que porte le recteur à l’encadrement et au fonctionnement de la filière enseignement professionnel. (…) 24 collèges/75 soit prés d’un tiers seront déficitaires.
Le SGPEN-CGTR appelle l’ensemble des administratifs, les personnels de laboratoire, TOS et personnels sociaux et de santé à faire bloc avec les enseignants et à bloquer les établissements et autres services partout ou c’est possible en fonction de l’état de la mobilisation ».


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