Luttes sociales

Sainte-Suzanne reste mobilisée contre les fermetures de classes

Pique-nique militant au Bocage

Témoignages.re / 19 mai 2011

Le samedi 14 mai, le Comité de parents d’élèves de Sainte-Suzanne a invité l’ensemble des parents d’élèves, élus... à un grand pique-nique convivial pour dire non à la suppression des postes dans nos écoles, oui à l’école qui va construire l’avenir de nos enfants.

• Florent Hurungee rappelle les faits : « le rectorat nous méprise »

« Nous avons appris la fermeture de 3 classes de primaire sur la commune de Sainte-Suzanne à la rentrée scolaire 2011/2012. Il s’agit des écoles de Victor Hugo à Deux-Rives, d’Antoine Bertin et de José Barau, au centre-ville. Cette décision a été annoncée à l’ensemble des représentants des parents d’élèves aux derniers Conseils d’écoles. Nous avons fait un rassemblement des parents le lundi 2 mai 2011 devant les écoles. Aline Murin-Hoarau, adjointe aux Affaires scolaires nous a rejoint. Elle soutient fermement les parents d’élèves dans leur contestation. Nous avons obtenu un entretien avec M. Lallemand, inspecteur de circonscription. Ce dernier nous a confirmé que la fermeture de 3 classes sur Sainte-Suzanne est effective. Il propose de se rendre à la rentrée pour compter les enfants dans les classes, et en fonction du nombre d’enfants, de procéder ou pas à une réouverture de classe. Dans le meilleur des cas, il y aura à la rentrée une vingtaine d’enfants qui seront répartis dans des classes provisoires en attendant le comptage, le passage en commission académique, et le recrutement du professeur. D’un point de vue psychologique, pour des enfants de moins de 6 ans, cela constitue une difficulté. C’est inadmissible argue Florent Hurungee de traiter les élèves de cette façon. En effet, l’élève sera dans une situation d’incertitude, non favorable à l’apprentissage, et à l’insertion dans l’école. De plus, les écoles auront un effectif moyen par classe de 26 enfants, cela veut dire que nous pourrons avoir des classes à 27, à 28 voir à 29 enfants !!! En ce qui concerne les maternelles (cycle 1), beaucoup d’enfants de 3 ans découvrent la vie en groupe pour la 1ère fois, certains ne sont pas préparés du tout à l’école. Nous avons bien compris que leur apprentissage doit se faire sur la totalité du cycle, cependant leur quotidien reste difficile, voire traumatisant pour certains ».


• Guy Gestin continue les explications en soulignant : « l’école républicaine est le premier rempart contre les inégalités »



« Nous insistons souvent sur les cas d’élèves dits “en difficulté”, mais n’oublions pas tous ceux qui possèdent une grande facilité d’apprentissage, mais qui ont quand même besoin qu’on leur apporte une attention à hauteur de leurs attentes. Cette attention est particulièrement souhaitable dans la mesure où ces enfants se sentent souvent lésés et ne comprennent pas forcément ce qui leur arrive. De plus, nous constatons une nette montée de la violence au sein de nos établissements, en l’espace de quelques jours, plusieurs faits divers se sont produits dans les écoles dans l’enceinte de l’établissement, faisant des victimes à chaque fois. La Municipalité représentée par Aline Murin-Hoarau reçoit assez régulièrement des rapports relatant les incidents dans l’enceinte des écoles. C’est pour cela qu’il nous paraît aujourd’hui impensable que le nombre d’enfants dans les classes dépasse une limite acceptable, les conditions d’apprentissage se détériorant au fil des années. Pour nous, cette décision de fermeture de classe va à l’encontre de l’intérêt des enfants, et met en péril les efforts entrepris par les acteurs de la communauté éducative à La Réunion. Nous sommes conscients que ces fermetures s’inscrivent dans une logique nationale de réduction de 1.500 postes dans l’enseignement, dans un contexte nécessaire de baisse du déficit public. Ne sacrifions pas nos enfants ».


• Aline Murin-Hoarau conclut en rappelant que 37 classes seront supprimées à la rentrée prochaine

« Pourquoi fermer des classes dans une île frappée par l’illettrisme ? Nous refusons cette politique basée sur la logique comptable. L’école doit rester le lieu qui favorise la réflexion pédagogique et sociale.
L’effort budgétaire ne doit pas se faire au détriment des besoins des élèves, et des problématiques spécifiques à La Réunion. Comme vous le savez, l’académie de La Réunion se trouve en avant-dernière position au niveau des évaluations nationales de CM2 après la Guyane. La seule logique mathématique pour justifier la réduction des classes, sans prendre en compte des éléments qualitatifs, nous questionne fortement, notamment sur la mission de l’école de la République. Comment dans ces conditions rattraper le retard structurel de notre île en matière de maîtrise des savoirs de bases ? L’école est censée favoriser l’égalité des chances, particulièrement sur notre commune où un grand nombre de familles qui croulent sous le poids de la pauvreté compte sur l’enseignement pour mieux s’intégrer.
Elle termine en rappelant également les propos tenus par le ministre de l’Éducation nationale qui a bien souligné qu’il n’y aura pas de suppressions de classes à la rentrée à La Réunion.
Qui ment ? Le ministre représentant de l’État ? Ou l’Éducation nationale ? Des éclaircissements que les parents vont aller chercher dans les jours à venir ».


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