Luttes sociales

SERMAT : Échec des négociations, la tension monte

11ème jour de grève à la SERMAT

Céline Tabou / 14 mai 2013

Réunis à l’Inspection du Travail lundi 13 mai, les représentants syndicaux et les dirigeants de la SERMAT ont échangé sur une fin de conflit. Cependant, quelques heures plus tard, Danio Ricquebourg, de la CGTR SERMAT, a quitté la table des négociations, dénonçant des méthodes inacceptables.

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Pas d’amélioration dans le conflit entre la Sermat et ses employés.

Les représentants du personnel de la SERMAT et les dockers ont été reçus par l’Inspection du Travail un à un. Malgré cette initiative, Danio Ricquebourg, de la CGTR SERMAT, a expliqué aux médias : « Nous ne baisserons pas les bras », ajoutant que « le port est devenu une zone de non-droit ».

Des méthodes inacceptables

Également présent, Ivan Hoareau, Secrétaire général de la CGTR, a déclaré, selon le site d’“Imaz Press Réunion”, que « l’outil portuaire est un outil à disposition de l’ensemble des Réunionnais et non pas d’une caste d’entrepreneurs qui défiscalisent et empochent à flot puis, une fois la défiscalisation terminée, se permettent de licencier près d’une petite moitié du personnel ».

Raphaël Gossard, de la CGTR, a expliqué que les dirigeants « souhaitent maintenant garder 5 personnes sur les 43 employés » de la SERMAT.

Après avoir écouté les propositions et l’étude faites par le syndicat, les dirigeants « nous ont menacés. Le patron a dit si on veut ce qu’il propose, on prend, sinon on ira devant le tribunal ». « Nous ne sommes pas là pour nous faire menacer », a expliqué ce dernier.

La grève se poursuit

De son côté, Danio Ricquebourg a indiqué à la presse que « ces méthodes sont inacceptables ». Les représentants syndicaux ont demandé la présentation des comptes de chaque société de la SERMAT, mais le patronat a rejeté cette requête, proposant une présentation des comptes globalisés, a indiqué “Imaz Press Réunion”.

Danio Ricquebourg et Ivan Hoareau ont quitté la table des négociations, faute de dialogue. Le représentant du personnel de la SERMAT a indiqué que « personne ne veut aller dans un long conflit, ni comme dans les événements regrettables de 1994, mais je pense qu’il sera difficile de l’éviter. On ne sait pas comment ça va se terminer. Aujourd’hui, on ne peut pas arriver en nous disant que le dialogue consiste à accorder un plan de sauvegarde puis de discuter ensuite des problèmes de l’entreprise ».

De son côté, Raphaël Gossard a indiqué que la personne « gardait espoir. On veut surtout conserver nos emplois et éviter que la société ne soit détruite ».

Céline Tabou

Plus de 2 semaines de grève à Carrefour Sainte-Suzanne

Dans la grande surface, c’est la question des salaires qui est à l’origine du conflit. Les travailleurs revendiquent une hausse de 50 euros par mois, la direction propose 20 euros. La réunion prévue hier a été annulée par la direction. Cette dernière exige comme préalable la levée du piquet de grève. L’action intentée en justice contre les grévistes a échoué, ces derniers peuvent donc continuer à mener leur action.

Après l’Alliance des Réunionnais contre la pauvreté, les grévistes ont reçu encore de nouveaux soutiens hier.

Personne ne conteste les bénéfices importants réalisés par la grande distribution à La Réunion. Un rapport de l’Autorité de la concurrence publié en 2009 avait même constaté des profits bien plus importants à La Réunion. Ces bénéfices ne restent pas à La Réunion, et quand des travailleurs revendiquent un meilleur partage, ils sont obligés de faire grève pour se faire entendre.


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