Luttes sociales

« Si l’on reste dans le système actuel, rien ne changera »

“Alon kozé pour l’avenir de nout péi !" à Trois-Bassins

Témoignages.re / 7 novembre 2013

Dans le cadre de sa campagne « Alon kozé pour l’avenir de nout péi ! », l’AJFER-Nou Lé kapab a publié sur son blog, www.noulekapab.com, un article sur la rencontre du mardi 5 novembre à Trois-Bassins. Une rencontre retranscrite sur le site de l’organisation, indiquant que des échanges ont eu lieu sur l’emploi, la gouvernance, la formation et les salaires. Mais « le sujet principal qui sort de ce débat est la formation : « on ne peut pas payer une formation pour ensuite se retrouver au chômage, alors qu’il existe des postes disponibles à La Réunion ». Ci-dessous l’article publié sur noulekapab.com



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Après une présentation de l’AJFER-Nou Lé Kapab, Gilles Lepelier, son président, a exposé les raisons de nos mobilisations pour la Priorité à l’embauche des Réunionnais. Aujourd’hui, face à un taux de chômage record de près de 30%, « la situation hors normes que vit La Réunion depuis des années doit exiger des mesures hors normes et surtout spécifiques à La Réunion ».

Un constat partagé par les participants qui n’ont pas hésité à s’exprimer et à dénoncer « un système injuste ». « Le peuple doit se révolter. Il faut une révolte populaire », pour Antoine.

Payer 1.000 euros pour une formation

De son côté, Johan a expliqué qu’il fait une formation dont le prix est de 12.000 euros, près de 90% de la somme est prise en charge par le Conseil régional et 1.000 euros est à sa charge. Il est possible que la Région prenne en charge cette somme importante, mais « il faut avoir une promesse d’embauche pour avoir droit aux aides alors qu’on a n’a pas de diplôme ».

Pour le président de l’AJFER-Nou Lé Kapab, « on voit là un problème qui revient tout le temps. Quand ils font des propositions de formation, il faut absolument proposer le complet. C’est-à-dire école et entreprise. C’est un package qui est indissociable et indispensable pour que les personnes formées puissent réussir. C’est à l’État de proposer le complet et pas seulement une partie ».

« Ils trouvent toujours un truc pour ne pas aider »

Aurélie a ajouté : « On travaille la journée et on a des cours du soir. Pour pouvoir être aidé, on a plusieurs propositions, notamment le Chèque Formation Réussite du Conseil régional, qui oblige à une promesse d’embauche spécifique à notre formation pour pouvoir en bénéficier ».

Pour Gilles, « ils trouvent toujours un truc pour ne pas aider. En plus, il y a trop d’aides, trop d’acteurs, il n’y a aucune transparence et personne ne s’y retrouve dans tous ces dispositifs ». C’est pourquoi nous proposons « un service unique pour l’emploi, la formation, l’orientation, l’insertion professionnelle et la mobilité, qui regroupe tous les acteurs avec un suivi. Parce qu’on ne peut pas payer une formation pour ensuite être au chômage ».

« Pas de perspectives, ni d’anticipation »

Pour Damien, « on n’a pas de garantie derrière », « parce qu’il n’y a pas de perspectives, ni d’anticipation », a expliqué Gilles Leperlier. Damien a également indiqué qu’« il y a beaucoup de chiffres qui sortent, mais c’est pour se flatter, parce qu’ils disent qu’il y a tant de réussites en formation, mais à la fin, c’est le chômage ».

Pour Gilles, cela s’explique par le fait que « lorsqu’on fait une formation, on sort des chiffres du chômage, c’est comme cela qu’ils peuvent dire que le chômage baisse ».

Pour un autre jeune homme, « on ne nous prend pas au RSMA quand on est trop diplômé », ou encore, « malgré mes deux diplômes (cuisine et sécurité), je me bats chaque jour pour avoir un petit travail ».

« Chacun a ses expériences, son vécu, ses difficultés, avec toutes ces connaissances et ces compétences, on peut changer les choses. Parce que si l’on reste dans le système actuel, rien ne changera. C’est pourquoi nous pensons qu’il faut l’union, avancer et faire bouger les lignes. Si on se rassemble, ensemble on sera plus fort », a conclu Gilles Leperlier.


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