Luttes sociales

« Si mardi on n’a rien on bloque les routes »

Colère des employés en contrats aidés menacés de licenciements

Témoignages.re / 17 août 2012

Plusieurs centaines de travailleurs menacés de licenciement ont manifesté hier devant la préfecture. À noter la présence de conseillers régionaux du groupe de l’Alliance : Béatrice Leperlier, Maya Césari et Aline Murin-Hoarau, qui ont tenu à marquer leur solidarité avec les emplois-verts victimes d’une situation dont ils ne sont pas responsables. Rappelons que le dispositif emploi-vert est sous la responsabilité de la Région Réunion et de l’État.

Les emplois verts qui ont manifesté ce jeudi matin 16 août 2012 devant la préfecture n’ont rien obtenu de concret. Une table ronde entre les représentants de l’État, du Pôle emploi, du conseil régional, de la plateforme des présidents d’associations et du collectif des employés est prévue pour ce mardi. « Si nous n’obtenons pas le maintien des 2 500 contrats aidés actuels, nous bloquerons les routes, nous bloquerons l’économie de La Réunion » prévient le collectif des employés. Un millier de salariés est menacé de licenciement en cas de non-renouvellement des contrats aidés par l’État.
Les manifestants — ils étaient environ 600 devant la préfecture —, sont pour la plupart employés par des associations par le biais de CAE (contrats d’accès à l’emploi). Ce dispositif est financé à 70% par l’État et à 30% par le conseil régional. Les CAE sont en général signés pour une période d’un an avec un renouvellement obligatoire au bout de six mois. « Ce renouvellement est habituellement considéré comme une formalité. Mais cette fois, l’État a décidé de réduire son implication financière, du coup, énormément de gens vont rester sur le bord du chemin. Les associations ne pourront plus les payer », analyse Gérard Agathe, porte-parole du collectif des employés en contrats aidés.
« Au premier semestre, il y a eu 2.500 contrats de signés. L’État ne donne que 933 contrats pour le second semestre. Les autres travailleurs n’auront pas d’autre choix que d’aller à Pôle emploi. Nous ne pouvons pas l’accepter », dit encore le porte-parole.
« L’État a décidé de diminuer massivement le nombre de contrats aidés. Très concrètement, cela veut dire qu’un millier de personnes, un millier de familles, et donc au final plusieurs milliers de personnes, vont aller pointer au chômage dès les tous prochains jours », note Patrick Pausé, directeur de l’association pour le développement de l’Espérance (un quartier de Sainte-Marie). « C’est cela la réalité de la situation et rien d’autre. L’état peut asséner des chiffres, trouver toutes les explications possibles, derrière tout cela, il y a des femmes et des hommes qui vont se retrouver sans emploi », dit-il encore. « Au sein de notre association, nous employons 12 personnes, nous allons être obligés de nous séparer de tout le monde », confirme un représentant de l’association pour le développement des quartiers de Terre Sainte, Grand Bois et Montvert (Saint-Pierre).
Une délégation de manifestants a été reçue en préfecture en milieu de matinée. Sans grande surprise, elle est ressortie bredouille de cet entretien. « Les choses n’ont pas du tout avancé. On nous a promis une table ronde entre tous les intervenants. Nous serons là, mais c’est la dernière fois que nous venons pour négocier. Si l’État refuse de maintenir les 2.500 contrats du premier semestre, nous bloquons les routes dès mardi », prévient Gérard Agathe.
Les manifestants ont promis de revenir plus nombreux encore ce mardi.

(Source Imaz Press Réunion)


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