Luttes sociales

« Si nous n’avions pas mené la lutte, une personne extérieure aurait été nommée à la tête de l’AGORAH »

Pour l’emploi des Réunionnais

Témoignages.re / 13 novembre 2012

Dans le cadre de la "Priorité à l’embauche des Réunionnais", l’Alliance des Jeunes pour la Formation et l’Emploi à La Réunion (AJFER) – Nou Lé Kapab a mené une bataille auprès de l’AGORAH, afin qu’un Réunionnais (e) soit embauché(e) à la place d’une directrice venue de l’extérieure après avoir été nommée par sa présidente.

Face aux tensions sociales qui règnent à La Réunion, l’organisation présidée par Gilles Leperlier mène la lutte pour l’emploi, afin qu’« aucun poste n’échappe aux Réunionnais ». En effet, dans un contexte économique et social qui se dégrade, l’AJFER-Nou Lé Kapab a rappelé le taux de chômage de 29,5%, dont 60% chez les moins de 25 ans, une économie en récession, 49% de la population vivant sous le seuil de pauvreté et une misère sociale qui « n’est plus tolérable aujourd’hui. Nous, Réunionnais, Nou lé kapab dan nout péi ».

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Des mois de luttes pour l’emploi des Réunionnais

« A compétence égale, il faut privilégier les Réunionnais » a expliqué Gilles Leperlier, président de l’AJFER-Nou Lé Kapab. Depuis plus de six mois, l’organisation a interpellé l’opinion publique sur la nomination par Fabienne Couapel-Sauret, présidente de l’Agence pour l’observation de La Réunion, l’aménagement et l’habitat, d’une directrice à la tête de l’agence. Suite à cette nomination, l’AJFER-Nou Lé Kapab a appelé à la non-validation du recrutement de cette personne venue de l’extérieure, considérant qu’il existe à La Réunion des personnes capables d’occuper ce poste.

Malgré les demandes de relance de la procédure et d’entretiens avec la présidente de l’agence, l’AJFER-Nou Lé Kapab voit le dossier s’éterniser. Après s’être mobilisé au Conseil régional, aux côtés de la CGTR, l’Alliance Réunionnaise Contre la Pauvreté (ARCP) et la CFDT, le président de la collectivité a décidé d’invalider la nomination de Mireille Rius, à la tête de l’agence. Par la suite, l’actualité électorale a été la raison pour laquelle la présidente n’a ni communiqué, ni relancé la procédure. Face à la lenteur de ce dossier, l’AjFER-Nou Lé Kapab durcit le ton et promet une mobiilsaiton devant les locaux de l’AGORAH.

Le 31 octobre, l’AJFER-Nou Lé Kapab, soutenue par la CGTR, l’Alliance Réunionnaise Contre la Pauvreté (ARCP) et La Réunion Debout, se rend à l’AGORAH afin de s’entretenir avec la présidente de l’institution et lui demandé une date de relance de la procédure. « La lutte a payé » a indiqué Gilles Leperlier, car Fabienne Couapel-Sauret s’est engagée à relancer la procédure. Sept plus tard, l’offre d’emploi de Direction de l’AGORAH est publiée dans les médias, dans les réseaux de l’agence et sur le site de l’AJFER-Nou Lé Kapab.

« Se battre pour que les Réunionnais(es) puissent accéder à l’emploi existant est nécessaire »

A la sortie du rendez-vous avec Fabienne Couapel-Sauret, le 31 octobre, Gilles Leperlier a expliqué que « si nous n’avions pas mené la lutte, si on n’avait pas mené la mobilisation, nous aurions aujourd’hui une personne extérieure à la tête de l’AGORAH ». Le jeune homme a indiqué qu’aujourd’hui, face à un contexte économique et social qui se dégrade, « la lutte reste la seule solution » pour être entendu des dirigeants et faire « faire bouger les lignes ».

Dans un communiqué de presse, publié le 7 novembre, le président de l’organisation a expliqué que « la situation connue à l’AGORAH n’est pas un cas isolé : les difficultés d’accès à l’emploi existant pour les Réunionnais(es) sont bien réelles et s’inscrivent à tous les niveaux hiérarchiques, dans de nombreux domaines et les exemples ne manquent pas ». L’AJFER-Nou Lé Kapab lutte, depuis sa création en 2009, pour la Priorité à l’embauche des Réunionnais et appelle toutes les personnes ayant des informations sur ce type de situation à prendre contact, via le site internet http://www.noulekapab.com/ ou la page facebook « Ajfer – Nou Lé kapab ».

« Se battre pour que les Réunionnais(es) puissent accéder à l’emploi existant est nécessaire » a indiqué Gilles Leperleir, notamment face « à l’ampleur du chômage sur l’île ». La relance de la procédure de recrutement à la direction de l’AGORAH est une « bataille (qui, ndlr) s’inscrit dans la lutte globale pour l’emploi à La Réunion des Réunionnais (es) » a conclu le jeune homme.

LCG


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