Luttes sociales

Si t’es pas d’mon monde…

Témoignages.re / 16 mai 2013

Tout va bien ! On festivale à droite et à gauche, on s’amuse bien entre gens de qualité. Mais la crise est là et ceux qui n’en peuvent plus d’en souffrir ont recours à des gestes terribles pour nous obliger à ouvrir enfin les yeux sur cette misère qui, quotidiennement, tue. Dans l’indifférence.

À La Réunion, l’immolation d’Henri Nabeneza, si elle a créé une forte émotion, a rapidement été supplantée par la mort accidentelle d’un bodyboarder.

La vie de M. Nabeneza est pourtant égale à l’autre. Mais le traitement médiatique qui est réservé à ces deux faits horribles éclaire sur l’importance accordée par les médias à la victime ayant le même mode de vie et de loisirs que ceux qui ont la charge de nous informer.

Deux drames. D’un côté, l’insouciance, de l’autre, la volonté d’une mort reflétant les souffrances endurées.

De l’un, on ne parle plus, de l’autre, on nous abreuve.

Pour l’un, silence. Pour l’autre, tout le monde est sur le pont.

Si t’es pas d’mon monde, t’existes pas !

Et le plus insupportable, c’est que cette société ne se rend même pas compte qu’elle porte ainsi à son encontre le plus terrible des jugements.

Mais jusqu’à quand 50% des Réunionnais méprisés accepteront-ils de subir l’indifférence méprisante de ceux qui sont responsables de la situation de misère ou de quasi-misère dans laquelle ils se débattent seuls !

Aimé Habib

Mort du marchand ambulant qui s’est immolé par le feu à Marrakech

Un marchand ambulant, qui a tenté de s’immoler par le feu pour protester contre la confiscation de sa marchandise, est décédé à l’hôpital dans la nuit de lundi à mardi à Marrakech, selon plusieurs sources.

Mbarek Elkarrassi, 32 ans, avait été transporté à l’hôpital de Marrakech samedi matin.

« Les autorités locales ont confisqué sa charrette chargée de vieux meubles qu’il vendait pour gagner sa vie. C’est le sentiment d’injustice qui l’a poussé à tenter de s’immoler », a déclaré Mohammed Ghelloussi, représentant de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) à Marrakech.

« Les brûlures ont atteint son visage, son ventre et ses mains. Il a été transporté à l’hôpital samedi matin, mais il est décédé dans la nuit », poursuit M. Ghelloussi.

Mbarek Elkarrassi « achetait des vieux meubles et les revendait grâce à sa charrette » dans les quartiers populaires de Marrakech, explique son beau-frère Abdelali Idrissi.

« C’est le caïd du quartier, Essâada, qui lui a confisqué sa marchandise et sa charrette », précise encore M. Idrissi.

Une dizaine de personnes ont ainsi succombé à leurs blessures en Afrique du Nord après avoir tenté de s’immoler par le feu sur fond de protestations lancées en février 2011 dans le sillage du Printemps arabe.

Ce type d’action s’est répandu depuis l’immolation de Mohamed Bouazizi, un protestataire tunisien en décembre 2010, qui avait déclenché le Printemps arabe en Tunisie, puis en Egypte et en Libye.


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