Luttes sociales

SIB : un mépris ignoble envers les travailleurs réunionnais

Toujours pas de réponse positive aux 33 salariés de la SIB menacés de perdre leur emploi

Correspondant Témoignages / 15 février 2014

Depuis deux mois, les travailleurs de la Société Industrielle de Bourbon (SIB) — une entreprise portoise de la Zone industrielle du front de mer, également dénommée Colgate-Palmolive — sont en lutte pour faire respecter leur droit à l’emploi.



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En effet, les dirigeants de l’entreprise ont décidé de la fermer, sans demander l’avis des salariés ; et cela, alors qu’il n’y a aucune raison de mettre un terme à leurs activités et de prendre une décision aussi injuste.

Cela est d’autant plus grave, que la fermeture de la SIB risque effectivement de faire perdre leur emploi à 33 travailleurs réunionnais. D’où leurs tracas et leurs soucis mais aussi leur colère et leur détermination à se battre pour défendre leurs droits.

Le soutien de Loulou

Dans le cadre de ce combat, ils ont décidé d’installer jeudi des tentes devant les grilles de leur usine pour exprimer leur soutien à leurs représentants lors des négociations prévues avec les dirigeants parisiens de Colgate-Palmolive ce vendredi matin. Et jeudi soir, les travailleurs ont reçu la visite d’Henri Hippolyte (Loulou), adjoint au maire du Port et conseiller général, candidat tête de liste du PCR aux élections municipales du Port, qui est venu leur faire part de sa solidarité dans ce combat.

Hier matin, lors des négociations avec le futur repreneur de l’entreprise, parmi la Délégation unique du personnel (DUP) et son expert-comptable, il y avait notamment Jocelyn Rivière, délégué CGTR du personnel. Celui-ci a pu faire une sortie de l’entreprise durant quelques minutes en fin d’après-midi pour rencontrer ses camarades et les journalistes.

« La bataille continue »

Il leur a fait part de son mécontentement devant la façon dont se déroulent ces négociations, marquées par « un rejet en bloc » des propositions concrètes des salariés pour sauver cette entreprise, continuer à y fabriquer ses produits péi et préserver leurs emplois. Pour Jocelyn Rivière, « tout est négatif ; nous avons proposé de faire de notre entreprise une coopérative car nous voulons continuer à travailler dignement et rester dans notre pays ; c’est un refus catégorique ; nous sommes sous un rouleau compresseur qui nous écrase et on nous propose 66 pays pour 19 emplois préservés, en particulier ceux de 5 à 6 cadres et agents de maîtrise qui seraient épargnés ».

Avant de retourner aux discussions qui devaient se terminer dans la soirée, le responsable syndical a signalé qu’un nouveau rendez-vous était prévu le 21 février prochain avec le repreneur potentiel de la SIB. Et face à ce mépris ignoble dont sont victimes les travailleurs réunionnais, Jocelyn Rivière a rappelé que « la bataille continue » pour faire respecter leurs droits et leur dignité.

 Correspondant  


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