Luttes sociales

Soyons solidaires !

Sans domicile fixe

Jean Fabrice Nativel / 5 mai 2010

Le contact avec les personnes sans domicile fixe se construit. On se regarde puis, timidement, on dit bonjour, ensuite on discute, enfin on devient amis. Ce lien peut prendre des jours, des mois, voire des années. Cette relation établie, un désir des deux côtés : le maintenir, le préserver. On partage quelques mots. Tantôt on lui donne une monnaie, tantôt un repas, dès fois, il refuse poliment.

Au fil du temps, la complicité naît. On se raconte tout : sa vie — d’avant — familiale et professionnelle. La plupart des personnes SDF rencontrées disent avoir travaillé et même fondé une famille. Peu d’informations, elles se confient sur les causes de leur basculement brutal dans la rue. Toutefois, on peut dire que la séparation, la perte d’un être cher ou d’un emploi en sont les raisons.

À ce sujet, une véritable enquête devrait être menée sur ce public. On traite bien du tourisme, du bâtiment, des ménages, etc. Du nombre de Réunionnaises et de Réunionnais SDF, on ne sait presque rien. Cependant, une chose est certaine, ils sont de plus en plus nombreux. On observe parmi eux des jeunes femmes et hommes. Ils squattent, et les plus chanceux, après de multiples démarches, entrent dans une maison, parfois en co-location.

Seuls dans la rue, ils sont confrontés à de multiples dangers. L’un, principal — à mon avis — est le racket. Des jeunes, d’après les conversations, les “pistent”. Ils savent à quelle heure les trouver et à quel endroit ils se trouvent. Coups violents sont portés, simultanément les poches leur sont faites. Ils sont laissés là — pour morts — à leur sort, à même le sol. Une âme généreuse appellera parfois la police.

Pour les personnes SDF de La Réunion, et du monde, plus que jamais la solidarité doit jouer. Il est impensable qu’aujourd’hui des êtres humains dorment dans la rue et ne mangent pas à leur faim.

Jean-Fabrice Nativel


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