Luttes sociales

Statu quo jusqu’au 7 février

Grève à EDF

Témoignages.re / 22 janvier 2011

Les salariés en grève d’EDF ont décidé de ne pas couper le courant « pour l’instant ». C’est ce qu’a annoncé Patrick Hoarau, secrétaire général à la CGTR EDF, lors d’une conférence de presse organisée hier.

Il n’y aura pas de coupure au moins jusqu’au 7 février, date de la prochaine réunion qui réunira la CGT EDF, les représentants de la Séchilienne Sidec et un membre du Ministère de l’Industrie. La décision d’arrêter ou pas les machines sera prise en fonction des annonces faites lors de cette réunion. « Nous sommes conscients des responsabilités qui nous incombent. Mais nous n’avons pas peur de couper le courant s’il le faut », prévient Patrick Hoarau.

Même si la CGTR écarte tout risque de coupure avant le 7 février, les salariés de l’entreprise restent en grève. Un préavis a même été déposé hier par la fédération nationale pour « accentuer la pression sur EDF », qui sera absente de la table de médiation le 7 février prochain. « La CGT a mis tous les moyens en œuvre pour que la discussion puisse s’ouvrir. Tous les acteurs ont accepté de se mettre autour de la table sauf EDF. Quoiqu’il adviendra après ce 7 février, une grande part de responsabilité sera portée par la politique d’EDF », insiste Patrick Hoarau.



Cette grève, débutée le 13 janvier dernier, devrait se matérialiser par un certain nombre d’actions. Des actions que refusent de divulguer les syndicalistes de la CGTR, qui préfèrent privilégier « l’effet de surprise ». « Si nous annonçons le type et la date de notre action, la Direction d’EDF et l’État prendront des mesures pour nous bloquer », explique Max Banon, représentant syndical.

Interrogé ce jeudi 20 janvier par Imaz Press Réunion, Max Banon confiait que les salariés pourraient par exemple décider d’alimenter de nouveau en électricité les personnes privées de courant pour non-paiement de leur facture. 



Cette conférence de presse fut aussi l’occasion pour les syndicalistes de « mettre à plat » les chiffres des salaires à EDF. « La population nous critique en disant que nous sommes des nantis. C’est faux », lance Max Banon. Il rappelle que « 49% des 669 agents d’EDF ont un salaire inférieur à 1,6 SMIC », soit environ 2.000 euros par mois en comptant l’indemnité spéciale DOM de 25%. « Le mouvement COSPAR de 2009 prévoyait une augmentation des salaires de 50 à 60 euros pour ceux qui perçoivent moins de 1,6 SMIC. La Direction d’EDF n’a jamais appliqué cet accord », souligne Max Banon. 

Le membre de la CGTR indique également que les salariés d’EDF venant de Métropole pour une mission de 4 ans « perçoivent en moyenne 429.712 euros sur les 4 années ». « Ils touchent les 53% de prime de vie chère d’une façon déguisée », s’emporte Max Banon. Selon le syndicaliste, ce chiffre concernerait 35 cadres d’EDF.



Pour rappel, les salariés d’EDF comme ceux de la Séchilienne Sidec demandent l’alignement de leur salaire sur celui des fonctionnaires, soit une prime de vie chère de 53%. Ils basent leur revendication sur l’interprétation d’un article de leur statut prévoyant cet alignement. Ils bénéficient actuellement d’une prime de 25%. Le Conseil d’État a été saisi pour donner son interprétation de ce texte.



Mounice Najafaly pour www.ipreunion.com


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