Luttes sociales

Syndicats : une manifestation symbolique pour accueillir Sarkozy

Témoignages.re / 15 janvier 2010

L’intersyndicale sera là, à quelques mètres du stade de l’Est, où le chef de l’État prononcera ses vœux à l’Outre-mer, mardi prochain. Les syndicats adresseront leurs vœux au président concernant le chômage, la précarité, les services publics, la structuration des branches professionnelles, le pouvoir d’achat... Rendez-vous devant la salle Candin.

« La crise est profonde et globale à La Réunion. Elle a vu l’émergence d’un mouvement social d’une ampleur considérable au début de cette année. Tout ceci n’a pas véritablement été pris en compte par votre politique. Pire, cette dernière ne fait que l’empirer ». Le début de la lettre ouverte des syndicats adressée au président de la République donne le ton. Que faut-il espérer de la visite éclair du chef de l’État ?
L’intersyndicale CFTC, CGTR, UIR-CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, ainsi que le Saiper invité à la conférence de presse hier, ne courront pas après le président afin d’être reçus. Et pour cause, en avril dernier, en plein mouvement du COSPAR, les syndicats avaient sollicité une rencontre avec le chef de l’État pour lui exposer leur analyse de la situation sociale ainsi que leurs propositions. Ils s’étaient heurtés à un refus par la voix du secrétaire d’État à l’Outre-mer. Même scenario en juillet dernier, le chef d’État n’avait pas donné suite au dossier de propositions transmis par les syndicats.
C’est donc par le bIais d’une lettre ouverte transmise au préfet que l’intersyndicale adresse ses vœux au chef de l’État. Des vœux qui seront prononcés lors d’une manifestation symbolique le mardi 19 janvier à partir de 16h30 (au rond-point de la salle Candin), avant celles de Nicolas Sarkozy à l’Outre-mer. « Nous appelons la population à rejoindre les militants. Nicolas Sarkozy doit entendre nos vœux. Nous donnons aussi la parole à la population qui veut s’exprimer : les gramounes, les jeunes avec ou sans diplôme et sans emploi... », précise Christian Picard, de la FSU.

15.000 emplois en danger

Que dit cette lettre ouverte ? Elle rappelle au chef de l’État qu’en dépit du mouvement social de 2009, les problèmes restent entiers et le pire est à venir. Les syndicats avertissent le chef de l’État : « le caractère massif et structurel du chômage s’aggravera encore, portant des coups à la cohésion sociale. Plus de 15.000 emplois directs seront probablement détruits uniquement dans le bâtiment et l’automobile ».
Ils rappellent la baisse du pouvoir d’achat liée à une hausse des prix incomparable, la stagnation des salaires et des minima sociaux, la détermination d’un patronat « décidé à faire payer la crise à ses salariés », « la faillite d’une politique faite d’exonérations et de défiscalisation », la casse des services publics dont l’enseignement, la précarité « comme modèle de gestion du personnel » dans le secteur privé (commerce, BTP, agriculture, services aux entreprises), l’absence de structuration des branches professionnelles, la fragilisation du tissu associatif illustré par l’ARAST...
Ils contestent la LODEOM (Loi de développement pour l’Outre-mer) bâtie, selon eux, sur une simple approche économique. Or, indique Ivan Hoarau, « On ne peut pas construire un plan de développement durable sans régler la question de l’urgence sociale ».
Parmi les propositions de l’intersyndicale : la reconduite et l’amélioration du dispositif du congé solidarité qui permettrait d’embaucher 10.000 jeunes, le rattrapage en emplois publics, la mise en place d’un plan de gestion social pour les salariés victimes de la crise, la suppression de l’article 16 de la Loi Perben pour permettre l’application des Conventions collectives, un vrai contrôle des prix par les services de l’État, la bonne application de l’Accord Interprofessionnel Régional et du RSTA.

E.P.


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