Luttes sociales

Taux de chômage supérieur à 27%

La crise s’aggrave

Manuel Marchal / 13 avril 2010

Dans son dernier Bulletin emploi formation, la Direction du Travail publie le taux de chômage estimé en juin 2009. Il s’élève à plus de 27% de la population active, et à 51% chez les moins de 25 ans. Les premières décisions annoncées par Didier Robert auront comme résultat d’augmenter considérablement ces chiffres catastrophiques. Avec Didier Robert à la Région, le taux de chômage va-t-il dépasser 30% ?

Aucune décision n’est innocente, et cela se vérifie particulièrement à La Réunion où la pénurie d’emplois est un drame qui touche le pays depuis déjà plus de trente ans.
Pour tenter de résorber la pénurie d’emplois, la précédente équipe à la Région a misé sur l’investissement. Ainsi, sous la précédente mandature, la part du budget consacré aux investissements dépassait 60%, ce qui plaçait la collectivité largement en tête de toutes les collectivités de la République dans ce domaine.
Cette décision n’était pas innocente, c’était en effet la contribution la plus efficace que pouvait apporter la Région dans son domaine de compétences à la lutte contre le chômage. Le résultat de cette politique a été le développement important du secteur du BTP. En quelques années, le nombre d’emplois dans ce secteur a été multiplié par trois.
Mais tout ce qui a été acquis par la force du combat et des sacrifices est en train de s’effondrer, avec des répercussions considérables sur l’emploi.

27% avant l’élection de Didier Robert

Au second semestre 2009, quand le taux de chômage était supérieur à 27%, les décisions d’arrêter le Pôle Océan, la rocade du Tampon et le Zénith à Saint-Denis commençaient à produire leurs effets pleinement, malheureusement. À ces décisions catastrophiques et nullement innocentes s’ajoute la remise en cause de la défiscalisation sur le logement. Les incertitudes sur l’avenir de ce dispositif ont provoqué une fuite des investisseurs, ce qui a entrainé une chute considérable du nombre de logements construits, au moment où le manque de logements sociaux atteint des sommets.
Au moment où a débuté la campagne des Régionales, telle était donc la situation de l’emploi à La Réunion : un taux de chômage supérieur à 27%. C’est dans ce contexte que les Réunionnais élisent leurs conseillers régionaux et décident qu’au deuxième tour, le choix se fera entre deux listes. D’un côté, l’Alliance qui propose de maintenir l’effort de la Région pour la création d’emplois, de l’autre, la liste UMP conduite par Didier Robert et qui n’a que la démolition des projets dans son programme. Quand le 16 mars dernier, la Fédération PS choisit de se maintenir, elle permet cinq jours plus tard la victoire de la liste qui propose l’augmentation du chômage.

La remise en cause de milliers d’emplois

Cette décision n’était pas innocente, et elle a aujourd’hui des répercussions considérables. En effet, dès son élection à la présidence de la Région, Didier Robert a confirmé son programme : suppression de la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise et arrêt du tram-train. Trois jours plus tard sur Radio-Réunion, il ajoutait la remise en cause du délai de réalisation de la future route du Littoral. Il est d’ailleurs fidèle à ses premières déclarations de président de la Région, puisque sa priorité est la modernisation et la sécurisation de la route du Littoral, ce qui, en fin de compte, a été accompli par la mandature précédente.
Didier Robert annonce qu’il va en France pour demander la remise en cause du Protocole de Matignon garantissant pour les Réunionnais le droit à des milliers d’emplois. Au pied du mur, prendra-t-il la décision pas du tout innocente d’être le responsable d’une augmentation record du chômage à La Réunion ? Autrement dit, avec Didier Robert à la Région, le taux de chômage va-t-il dépasser les 30% ?

Manuel Marchal


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