Luttes sociales

Temps morose pour l’agriculture

1- Premier élément de la crise : la manifestation des agriculteurs à Saint-Pierre

Témoignages.re / 29 août 2012

Les temps sont durs pour les agriculteurs. Avec une sécheresse qui perdure dans l’île depuis plusieurs mois, les exploitants agricoles de La Réunion craignent de voir leur situation empirer dans les semaines à venir, notamment dans le Sud et l’Ouest où le déficit pluviométrique est toujours important, comme l’a rappelé le Comité sécheresse la semaine dernière. Par ailleurs, avec la montée des prix des céréales au niveau mondial actuellement, l’inquiétude est de plus en plus vive. « Je ne sais pas comment on va faire pour s’en sortir », avoue, impuissant, Bernard Maratchia, Vice-président de la CGPER (Confédération générale des planteurs et éleveurs de La Réunion).

L’inquiétude monte chez les agriculteurs et ils tirent la sonnette d’alarme. Hier, une délégation d’éleveurs et de planteurs a déposé une motion auprès de la SAPHIR (Société aménagement des périmètres hydrauliques de l’île de La Réunion) à Saint-Pierre. « On est venus demander de l’aide au Conseil général (principal actionnaire de la Saphir – NDLR) pour compenser les pertes qu’on a subies à cause d’un manque d’irrigation en début d’année », explique Bernard Maratchia.

« Pendant 40 jours, on n’a pas pu irriguer nos exploitations parce que l’eau était de mauvaise qualité », poursuit-il. En cause, l’arrêt du captage du Bras de la Plaine et la mise en place d’un plan de restrictions d’usage de l’eau en raison de la sécheresse. « On demande au Conseil général de prendre en charge au moins 25% du montant de nos factures, comme cela a été fait pour le second semestre 2011 », indique Bernard Maratchia.

Les agriculteurs espèrent rencontrer des responsables agricoles du Département pour trouver des solutions. « Actuellement, la situation est catastrophique pour le monde agricole. C’est de toute façon très difficile quand on n’arrive plus à payer ses dettes. On a subi une sécheresse rude, on connaît un hiver très, très sec. Le prochain semestre risque d’être dur à supporter pour nous », reconnaît Bernard Maratchia. « Il est temps que les politiques prennent leurs responsabilités pour sauver les milliers d’agriculteurs », estime-t-il.

Par ailleurs, les choses risquent de s’empirer avec la flambée des prix des céréales. Avec la révision à la baisse des prévisions de récolte de maïs et de soja aux États unis, le monde est confronté à une « crise grave » qui pourrait engendrer de « nouvelles tensions alimentaires comme en 2007-2008 », années des émeutes de la faim dans les pays pauvres, a indiqué l’organisme France AgriMer, rattaché au Ministère de l’Agriculture.

Dans les pays développés, c’est principalement le secteur de l’élevage qui pourrait faire les frais de cette nouvelle hausse du cours des céréales. « On est aussi inquiets à ce niveau-là. C’est certain que s’il y a des répercussions au niveau mondial, les éleveurs de La Réunion seront touchés également. Nourrir nos animaux nous reviendra plus cher », assure Bernard Maratchia.

Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, a assuré de son côté ce samedi 25 août que face à l’augmentation du prix des céréales, « chacun devra faire des efforts » et qu’il allait en discuter la semaine prochaine avec la grande distribution. L’objectif est « d’assurer le maintien de la viabilité des élevages, et en même temps, d’éviter, dans un moment où la consommation et le pouvoir d’achat sont dans une situation difficile, de tout répercuter sur le consommateur », a-t-il ajouté.

Source : Imaz Press Réunion


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