Luttes sociales

« Tendons la main à la jeunesse de notre pays »

Pierre Thiébaut au Conseil municipal de Saint-Paul revient sur la Boucan Party

Témoignages.re / 8 février 2013

Suite à son communiqué du 20 janvier dernier, dans lequel il affirmait sa solidarité avec les organisateurs de la Boucan Party menacés alors de poursuites judiciaires par la mairie, Pierre Thiébaut est intervenu hier au Conseil municipal de Saint-Paul. Il a renouvelé sa proposition d’un accompagnement des initiatives des jeunes par la municipalité. Voici le texte de son intervention.

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Madame la Maire, chers collègues,

À la veille de la rentrée scolaire du 20 janvier 2013, un jeune lycéen a décidé d’inviter d’autres jeunes de l’île à un “Boucan-Party” sur la plage du même nom. Pour cela, il a utilisé les réseaux sociaux, c’est-à-dire Internet, Facebook…

Cette invitation improvisée, 2 jours avant l’événement programmé, a eu un succès inespéré puisque 2.500 jeunes ont répondu à son appel. Ce succès a engendré des conséquences sur l’état de la plage de Boucan qui, comme on l’a vu à la télévision le lendemain, était dans un état déplorable.

À la vision de ce désordre, quelques élus ont conseillé à la maire de faire preuve d’autorité envers l’organisateur et de porter contre celui-ci une plainte.

C’est à ce moment que j’ai pris la décision d’écrire à la presse pour donner mon point de vue sur cette affaire, mon seul souci étant d’éviter que l’on ne commette cette erreur.

Dans mon message, je faisais remarquer les faits suivants :

1- si une telle action était pérennisée à l’avenir, c’est-à-dire organisée à la fin de chaque grande vacance scolaire, il y aurait des règlements à respecter.

- il serait utile qu’une association ou un comité d’organisation soit créé du type loi de 1901 puis inscrit en préfecture en précisant l’objet de l’association (Organisation de la fête des lycéens en fin de vacances scolaires) ainsi que le lieu du rassemblement (plage de Boucan)

- il serait d’autre part nécessaire que des contacts soient pris avec la mairie afin que les élus et les services techniques en soient informés, afin de mettre au point une telle opération.

Ces contacts devront être pris largement à l’avance, car la préparation d’un tel événement nécessite du temps et de nombreuses rencontres afin de ne négliger aucun aspect matériel et humain.

2- dans mon message à la presse, je soulevais aussi la question d’une subvention que la collectivité pourrait allouer au Comité organisateur. La question qui se pose alors est : cela est-il possible ?

Lorsque j’ai écrit à la presse, j’avais déjà réfléchi à la chose. Oui, la commune peut verser une subvention à l’association organisatrice comme elle le fait à toute autre association organisant une fête sur le territoire communal : chaque fête servant à animer un quartier.

La fête des lycéens ne dérogerait pas à la règle ; cette fois, c’est le quartier de Boucan Canot qui trouverait vie, l’espace d’un jour.

D’autre part, le fait d’attirer 2.500 personnes sur ce lieu peut permettre aux acteurs du tourisme et de la restauration du quartier d’y trouver leur bonheur, ce qui, par les temps qui courent, est assez rare.

Pour prendre contact avec la mairie, les organisateurs pourraient, comme ceux d’autres associations l’ont fait avant eux, venir présenter leur projet à la Commission Sport et Culture qui sera à même, selon la satisfaction ou non de ses membres, de leur octroyer ou non une subvention.

Madame la Maire, mesdames et messieurs les conseillers municipaux, voilà la suggestion que je faisais il y a une semaine. Elle se résume en quelques mots : « Tendons la main à la jeunesse de notre pays et, pour une fois, laissons-la prendre une initiative innovante ».


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