Luttes sociales

Tous aux manifs de l’Intersyndicale contre la Loi Travail

Contre la remise en cause des droits des travailleurs

Manuel Marchal / 31 mars 2016

Deux défilés sont prévus ce matin à Saint-Denis et à Saint-Pierre à l’appel de l’Intersyndicale CGTR-FO-FSU-Solidaires-UNEF. Rendez-vous à partir de 9 heures au Petit Marché de Saint-Denis et devant la mairie de Saint-Pierre. Le PCR soutient la mobilisation.

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L’Intersyndicale CGTR-FO-FSU-Solidaires-UNEF appelle ce jeudi à une journée de grèves et de manifestations pour protester contre la remise en cause du Code du travail par le projet de loi sur la négociation collective. Deux défilés sont organisés à La Réunion. Le premier partira du Petit Marché du bas de la rue du maréchal Leclerc à Saint-Denis pour se diriger vers la préfecture. Le second démarrera de la mairie de Saint-Pierre pour se terminer devant la sous-préfecture.

Menaces sur les lois sociales

Cette journée sera le temps fort d’une mobilisation qui a commencé depuis plusieurs semaines, quand l’avant-projet de loi a été connu. Ce dernier prévoit d’importants reculs. Il permet de contourner les conquêtes sociales inscrites dans la loi, ainsi que les représentants que les salariés se sont choisi. Si l’objectif affiché est de favoriser les embauches, il est clair qu’il facilite surtout les licenciements. Si le plafonnement initialement prévu des indemnités pour licenciement abusif a été pour le moment retiré, les autres mesures fragilisent le travailleur.

En France, une large mobilisation est en cours. Aujourd’hui, les lycées de Paris pourraient tous restés fermés, car les jeunes sont au coeur de la lutte. Face à un tel texte, ils s’inquiètent pour leur avenir. À La Réunion, l’UNEF craint que la génération qui arrive soit la première à subir une régression des droits sociaux.

Dégâts plus importants à La Réunion

La France connaît actuellement un taux de chômage de 10 %. Cette montée de la précarité impose un renforcement de la loi pour protéger les droits des salariés dans le dialogue social. Le projet du gouvernement fait le chemin inverse en ouvrant la brèche à des dérogations à la loi, sous couvert d’accords où les travailleurs ne sont pas en position favorable pour faire entendre leur voix.

À La Réunion, le taux de chômage est trois fois plus important qu’en France et le dialogue social encore plus difficile, comme le rappelle la longueur des grèves qui ont touchés ces dernières années Citroën, la STAR, la CILAM, le port. La crise bien plus grave rend encore plus facile le recours au chantage à l’emploi pour faire accepter des conditions de travail plus dégradée et des salaires moins élevés.

C’est pourquoi l’application à La Réunion de la Loi Travail ferait beaucoup plus de dégâts qu’en France.

Voici 10 ans, un autre gouvernement avait tenté de faire passer en force le Contrat première embauche. Face à la mobilisation de la jeunesse et la solidarité des syndicats, Paris s’était rendu à l’évidence et avait fait machine arrière. Aujourd’hui, le projet de Loi Travail va plus loin en termes de régression que le CPE. C’est pourquoi la réussite de la journée de grèves et de manifestations est importante. Nul doute qu’elle fera réfléchir les députés, et en particulier les 7 de La Réunion, qui devront se prononcer sur ce texte.

M.M.


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