Luttes sociales

Trop d’ouvriers en danger

Opération de prévention des risques dans le BTP

Témoignages.re / 15 octobre 2009

Le 10 septembre 2009, 34 agents de l’Inspection du Travail, du Service de prévention de la CGSS et de la Médecine du Travail (SISTBI - Service Interentreprises de Santé au Travail du Bâtiment et Interprofessionnel) se sont rendus sur autant de chantiers. L’objectif de cette journée était principalement de faire passer un message de prévention auprès des chefs de chantiers et entrepreneurs ainsi que de réaliser un audit sur les risques encourus par les 900 ouvriers rencontrés. C’est un bilan mitigé qu’ont présenté mardi dernier les acteurs de cette enquête.

« Il y a eu des progrès depuis 10 ans auprès de certaines entreprises, notamment parmi les plus grosses, mais globalement, les risques encourus par les salariés du BTP demeurent véritablement inquiétants », résume Alexandre Bonnet, ingénieur de Prévention Réunion. Sur les 34 chantiers visités, 5 ont fait l’objet d’arrêts de travaux. « La situation des ouvriers était tellement dangereuse que nous avons été obligés d’imposer l’arrêt des travaux bien que nous n’avions aucunement l’intention de sanctionner au cours de cette opération de prévention », explique Alexandre Bonnet.

Les enquêteurs ont aussi noté des manquements dès les phases préalables au chantier. 60% des maîtres d’ouvrages n’avaient pas contracté de coordonnateur sécurité, ni recensé les réseaux aériens ou enterrés (EDF, Télécom). Ils ont ainsi pris le risque de l’électrocution d’un ouvrier qui creuserait en toute confiance avec sa pelle mécanique.

Concernant les travaux en hauteur — point essentiel de l’audit car le plus dangereux de tous —, la loi exige que soit privilégiée la protection collective, les garde-corps en l’occurrence. La protection individuelle, telle que les harnais, n’est autorisée que s’il est techniquement impossible d’installer les barrières de protection collectives. Or, l’audit révèle que 72% des ouvriers qui portaient des harnais auraient du bénéficier d’une protection collective. De même, 50% des ouvriers travaillant en hauteur n’avaient pas d’escaliers ou de passerelles d’accès et 70% usaient d’échelles ou d’échafaudages non conformes.

D’autres problèmes ont été dénombrés. La plupart des chantiers ne sont pas non plus aux normes en matière d’hygiène. Cela faisait plus de 4 ans qu’aucune enquête de cette envergure n’avait été menée. L’opération devrait être renouvelée en 2010.


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