Luttes sociales

Un casse-tête pour manger

La vie au quotidien

Témoignages.re / 9 janvier 2013

Nombre de Réunionnaises et Réunionnais se préoccupent de savoir s’ils mangeront à leur faim tous les jours.

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Avec amertume, les Réunionnaises et les Réunionnais à la vie modeste [1] commencent 2013. Comme en 2012 et même avant, leur casse-tête est de savoir s’ils peuvent manger à leur faim chaque jour.

Et ces jours-ci s’annoncent difficiles puisque le passage de Dumilé a occasionné d’importants dégâts agricoles. Si aucune hausse sur le prix des fruits et légumes n’a été observé le week-end passé sur les marchés forains, en sera-t-il de même aujourd’hui ?

Qu’y a-t-il dans le frigo ?

On est le 8 et peu d’aliments dans le réfrigérateur — pour certains — : des œufs, du beurre, quelques gousses d’ail, quelques têtes d’oignons, des piments verts, une brique de lait. Et dans le placard, on trouve des sardines, du bœuf en boîte, des pâtes, 1 ou 5 kg de riz, de l’huile, etc.

Vous imaginez que ces aliments sont destinés à une personne seule ? Tantôt oui, tantôt non. Ils peuvent l’être à un célibataire, un couple ou un couple avec 1 enfant ou plus. On compte et recompte les sous, on vérifie les sous en banque, on veille à une dépense juste.

En bref : commencer et finir le mois pour les plus modestes relève de l’exploit.

Jean-Fabrice Nativel

Agir pour des prix raisonnables

Voici quelques confidences de personnes modestes sur leur vie quotidienne.

• Sylvie : « Mi koné pu koman i fo fé »

« Mi di a ou, mi koné pu koman i fo fé. Moin lé in madame sélibatère avèk 2 zanfan. So matin, marmay la manj do pin do bèr é la boir in vèr d’lé. Midi, nou manj do ri èk sardine. A soir, nou manj do ri èk kasoulé. Mi travay, mi gagne pa in bon peu. Mi pèy la kantine, loyé, lo, lélèktrisité, zimpo, èksétéra. Oui, mi pèrsoi lalokasyon pou marmay. Mé ou kroi lé fasil ? ».

• Claudine : « Nous ne mangerions pas à notre faim »

Elle aussi est mère célibataire avec trois enfants sous son aile. Elle se retrouve dans un logement avec deux chambres. Petit à petit, elle l’aménage. Elle est à la recherche d’un emploi. Dans l’immédiat, elle se forme. C’est une manière pour elle de s’évader des tracas. En effet, elle a 4 mises en demeure à honorer. Avec les huissiers, elle négocie. Sûrement elle aura des petites sommes à verser.

Chez son père et sa mère, les enfants passent leurs vacances. Heureusement qu’elle peut compter sur eux. Ils l’aident quand ils le peuvent. Toutes les semaines, ils lui apportent de la viande, des tomates, des carottes, des papayes, des bananes, du riz, du lait, des biscottes et de la confiture. Sans cette aide, elle l’avoue : « nous ne mangerions pas à notre faim ». « Tout est cher », déplore-t-elle, « de l’abonnement téléphone à l’alimentation ». Si rien n’est entrepris dans de brefs délais, « je me demande comment nous allons faire pour vivre. ».

[1Les bénéficiaires des minima sociaux, les personnes à la recherche d’un emploi, les travailleurs au SMIC et un peu plus, les “petits” retraités, etc.


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