Luttes sociales

Un collectif de soutien veut « un geste fort » de l’Académie

Suite à l’exclusion d’une stagiaire du lycée hôtelier de Plateau Caillou

Témoignages.re / 27 avril 2012

Plus d’une trentaine de personnes ont manifesté mercredi 25 avril 2012 devant le Rectorat à Saint-Denis. Membres de l’association Lantant LLKR (Lantant pou lansègnman la lang ek la kiltir kréol la Rénion), de l’UNEF, de la FSU et de la CFTC, ainsi que des étudiants en créole ont protesté pour demander « un geste fort de soutien envers le développement de l’enseignement de la langue et de la culture réunionnaises ». Ce mouvement fait suite à l’exclusion d’une enseignante stagiaire en créole au lycée hôtelier de Plateau Caillou le 24 février 2012.

Au son du maloya, ils étaient ainsi plus d’une trentaine de personnes à se rassembler devant les grilles du Rectorat avant-hier après-midi. Après avoir défilé de l’université, les membres du collectif du soutien ont souhaité faire entendre leur indignation et demander « un geste fort » au Rectorat suite à l’exclusion d’une enseignante stagiaire en créole au lycée hôtelier de Plateau Caillou. Selon le témoignage de professeurs, le 24 février dernier, cette dernière aurait été interrompue en plein cours puis exclue de l’établissement. Les manifestants demandent également que le chef d’établissement soit sanctionné.

Selon le collectif de soutien, « les réponses et les explications tardent à venir et l’affaire semble classée, voire étouffée par et pour le Rectorat ». « Nous souhaitons juste un traitement équitable. Cela fait deux mois que l’on n’entend plus parler de cette affaire », explique une membre de l’association Lantant LLKR. Elle regrette que « le Rectorat n’ait toujours pas de réponse claire ». « Nous voulons une explication », martèle-t-elle.

La membre de l’association ajoute également que « le chef d’établissement n’avait pas le droit de mettre dehors la stagiaire », rappelant que « l’étudiante avait pendant la durée de son stage un statut de contractuel », à savoir, un contrat signé entre l’étudiante, l’université et l’Académie de La Réunion.

Par ailleurs, le collectif de soutien demande également au Rectorat de « prouver qu’il soutient de façon forte et officielle le développement de l’enseignement de la langue et de la culture réunionnaises », estimant qu’un « certain nombre d’obstacles permanents et récurrents freinent le développement de cette discipline ». « Les étudiants qui décident de s’engager dans cette voie ne sont pas des sous-étudiants ou des sous-stagiaires », précise le collectif.

Vers 15 heures, une délégation a été reçue au Rectorat. « Il nous a été dit qu’une enquête administrative avait commencé depuis le 20 avril, c’est-à-dire deux mois après les faits. Le recteur devrait à la fin de cette enquête faire une déclaration. Les quatre protagonistes seront entendus : le chef d’établissement, son adjoint, l’étudiante stagiaire et l’enseignante de LCR du lycée hôtelier qui a accueilli cette étudiante dans ses classes », explique l’une des représentantes de l’association Lantant LLKR, à l’issue de l’entrevue.

Elle indique qu’« aucun délai n’a pu nous être donné quant à la fin de cette enquête administrative », mais que « le collectif de soutien a décidé qu’il attendrait un mois maximum pour un traitement juste et équitable de cette affaire ».

 Avec Imaz Press Réunion 


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