Luttes sociales

Un malaise de plus en plus profond à la Direction régionale des finances publiques

Communiqué du SNUI-SUD Trésor-Réunion

Témoignages.re / 27 avril 2011

Dans un communiqué, le SNUI-SUD Trésor-Réunion dénonce la dégradation des conditions de travail des agents de la Direction régionale des finances publiques de La Réunion. En effet, « l’augmentation de la charge de travail, les vagues successives de suppressions d’emplois », entre autres, créent un malaise au sein des agents, qui alertent l’administration sur l’urgence de la situation.

« Le malaise est de plus en plus profond au sein des agents de la Direction régionale des finances publiques (DRFiP) de La Réunion, 6 mois après la création de celle-ci.
Cette crise prend sa source dans la création de la Direction générale des finances publiques (DGFiP) en 2008.

L’augmentation de la charge de travail et de sa complexité, la pression managériale et les vagues successives de suppressions d’emplois du fait du non-remplacement de 2 départs sur 3 à la retraite ont considérablement dégradé les conditions de travail et la qualité des missions.
Le gouvernement reste sourd à cette situation intenable. Il entretient de fait l’idée que ces suppressions d’emplois sont normales, car justifiées par les gains de productivité. Or, c’est faux.

Evolution de la fraude fiscale, augmentation du nombre de dossiers à traiter, augmentation des recours, besoins de conseils aux collectivités locales en hausse... tout démontre qu’il y a plus de travail au sein de la DGFiP. Les bouleversements intervenus depuis une dizaine d’années, et singulièrement depuis la mise en place de la DGFiP en avril 2008, se traduisent par un malaise profond au sein de la DGFiP.

Dans les services de la DGFiP, un sentiment d’urgence s’impose tant pour les agents que pour les contribuables.
Il faut desserrer le management et demander la mise en œuvre des mesures d’urgence pour améliorer les conditions de travail et d’exercice des missions : derrière le malaise profond, il y a la qualité du service public, aujourd’hui clairement en danger.

Pour la campagne d’impôt sur le revenu qui s’annonce, l’Union SNUI-SUD Trésor rappelle aux citoyens de La Réunion que les conditions d’accueil ne sont pas adaptées au flux de contribuables particulièrement important dans le département.

Dans l’île, le service public de proximité prend tout son sens et sa valeur. Beaucoup de nos concitoyens n’ont pas de compte bancaire, de revenus fixes et de visibilité économique. Ils se déplacent souvent pour payer en numéraire et en plusieurs fois au gré des revenus perçus. Nous vous soulignons également que le département compte plus de 110.000 personnes ne sachant ni lire, ni écrire, et il est donc difficile pour eux d’utiliser les moyens modernes de paiement et de faire des réclamations écrites. L’administration doit être en capacité de proposer un service public de qualité à la population réunionnaise.

Les agents de la DRFIP ne sont pas en nombre suffisant pour recevoir nos compatriotes, et cela n’est pas acceptable.

Alors que le ministre vante l’accueil fiscal de proximité (possibilité de faire ses démarches fiscales indifféremment dans une trésorerie, un SIP — Services des Impôts et des Particuliers — ou un centre des finances publiques), l’Union SNUI-SUD Trésor affirme que les services de La Réunion ne seront pas en capacité d’absorber l’ensemble de la population qui se déplacera au mois de mai tant pour la campagne d’impôt sur le revenu que pour le paiement du 2ème tiers (15 mai).

Face aux difficultés prévisibles et aux craintes d’incidents, l’Union SNUI-SUD Trésor alerte de la manière la plus vive l’administration sur l’urgence de la situation. La toute jeune DRFIP a montré ses limites rapidement au mois décembre lors de l’ouverture des S.I.P de Saint-Paul et de Saint-Pierre. »

Pour l’Union SNUI-SUD Trésor-Réunion
Pascal Valiamin


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