Luttes sociales

Un possible allongement de la durée de cotisation

Régime des retraites

Céline Tabou / 1er mars 2013

Le gouvernement s’est engagé à revenir à un déficit public de 3% du PIB, conformément aux volontés de Bruxelles. Pour y parvenir, plusieurs pistes sont évoquées, notamment une réforme des retraites et une possible taxation de l’allocation retraite.

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a installé une « Commission pour l’avenir des retraites », présidée par Yannick Moreau, l’ancienne présidente du Conseil d’orientation des retraites (COR). Cette structure rendra ses recommandations en juin afin de trouver des moyens financiers pour les divers régimes de retraite.

Plusieurs mesures sont à l’étude comme la désindexation des pensions, des règles communes dans le public et le privé, un report de l’âge légal de départ à la retraite basé sur l’espérance de vie des catégories socioprofessionnelles, et entre autres une nouvelle réforme de retraite.

Une réforme pour cette année

Cette nouvelle réforme des retraites prévue pour 2013 va entrer dans sa phase d’élaboration avec l’installation à travers la « Commission pour l’avenir des retraites », chargée de proposer des « scénarios » de réforme. Selon la ministre de la Santé et des Affaires sociales, Marisol Touraine, le gouvernement souhaite « s’attaquer à une réforme globale ». Selon la feuille de mission de Yannick Moreau, la tâche sera d’ « identifier les différentes pistes de réforme permettant d’assurer l’équilibre des régimes de retraite à court, moyen et long terme et d’en renforcer la justice, l’équité et la lisibilité pour les assurés ».

Le Premier ministre a rappelé lors d’un point presse, le 27 février qu’il est important de financer le système de retraites « à cout terme, à un point de PIB en 2020, soit 22 milliards d’euros ». La ministre a de son côté rappelé que « dès notre arrivée, nous avons pris des mesures de justice, avec le décret permettant à ceux qui ont travaillé jeunes et ont une durée de cotisation complète de pouvoir partir dès 60 ans et nous allons maintenant nous attaquer (...) à une réforme plus globale », sur La chaîne parlementaire (LCP).

Critiquant l’ancienne réforme qualifiée d’ « injuste » et pas efficace sur le plan financier puisque contrairement à ce qu’on nous avait indiqué, les régimes de retraite ne sont pas financés dans les années qui viennent, la nouvelle réforme devrait « introduire davantage de justice et d’équité ».

Cotiser plus et plus longtemps

Parmi les mesures phares de ce projet de réforme, l‘allongement de la durée de cotisation à partir de la hausse de l’espérance de vie. Il s’agit de moduler l’âge de départ à la retraite pour que la durée de la vie soit divisée en trois tiers soit deux consacrés à cotiser, un à percevoir la retraite, a expliqué le quotidien “Direct Matin”. Lors des manifestations contre la réforme des retraites de Nicolas Sarkozy, en 2010, François Hollande émettait déjà ses propositions, dont l’allongement de la durée de cotisation en fonction du seuil de l’espérance de vie.

Soutenu aujourd’hui par ses ministres, comme Jérôme Cahuzac (Budget) qui a déclaré sur RTL qu’il s’agit d’un « consensus, l’allongement de l’espérance de vie doit se partager entre temps travaillé et temps retraité ». Le candidat socialiste à la présidentielle a d’ailleurs fait une 18e proposition indiquant : « Une négociation globale s’engagera dès l’été 2012 avec les partenaires sociaux afin de définir, dans un cadre financier durablement équilibré, l’âge légal de départ à la retraite, la prise en compte de la pénibilité, le montant des pensions et l’évolution des recettes indispensables à la pérennité de notre système de retraite solidaire ». Parmi les mesures pensées, l’augmentation du montant des cotisations retraite prélevées sur les salaires. Dans un rapport, daté de décembre 2012, le Conseil d’orientation des retraites (Cor) a estimé que pour éviter le déficit du régime général, il faut une hausse d’au moins cinq points des prélèvements, soit plus de 30% du salaire brut.

Autre possibilité du gouvernement est de diminuer le niveau de vie des retraités qui est actuellement de 15% plus élevé que celui des actifs. Le gouvernement envisage de ne plus indexer le montant des pensions sur l’inflation et de rapprocher le niveau de CSG de celui des actifs, de financer une partie de la réforme de la dépendance ou encore de mettre à contribution les retraités les plus aisés en élevant le niveau de cotisation à celui des salariés les plus riches. Pour l’heure, de nombreuses pistes de réflexions ont été lancées par les autorités et la « Commission pour l’avenir des retraites » a jusqu’à juin pour faire ses recommandations.

Céline Tabou


Kanalreunion.com