Luttes sociales

Un quotidien de plus en plus difficile à gérer

Pouvoir d’achat

Jean Fabrice Nativel / 16 février 2011

“Témoignages” discute pouvoir d’achat avec une mère de famille de 3 enfants scolarisés et âgés de 5, 14 et 18 ans. Elle exerce le métier de technicienne de surface à mi-temps et son compagnon est manœuvre qualifié à plein temps. C’est en couple que dorénavant, ils effectuent leurs achats du mois.

On sait la vie de plus en plus chère ici. Sur quels produits, vous remarquez des hausses importantes ?


- Sur les fruits, les légumes, la lessive, le riz, et la viande, j’observe une hausse constante des prix. La note minimum pour l’alimentation quotidienne de la famille s’élève à 30 euros : le repas — riz, grain et cari — 15 euros et le goûter du matin et de l’après-midi pour les enfants autant. On a été amené à se serrer la vis.

« On traverse une période difficile »

Qu’est-ce que vous voulez dire ?


- Avant lors des repas, on trouvait toujours un soda ou un jus de fruits et souvent un dessert. Maintenant c’est à l’occasion pour ces boissons, le dessert est pour le gamin. Les plus grands ont compris que l’on traverse une période difficile et que bon gré mal gré, on devait faire chacun des efforts.

Que remarquez-vous dans votre façon de faire les courses ?


- Jusqu’à une période récente, on les effectuait toutes les semaines et en compagnie des enfants. Aujourd’hui, on y va tous les mois et sans les marmailles car avec eux s’ajoutent toujours des dépenses supplémentaires. Maintenant, une fois la denrée consommée, on attend la prochaine course pour en acheter. Voilà, une règle de conduite que l’on s’est donnée.

Pas « d’économie conséquente »

Réalisez-vous des économies ?


- Malgré ces efforts, on ne constate aucune économie conséquente.

Pouvez-vous préciser ce point ?


- C’est frustrant, on aurait pu espérer mettre de l’argent de côté pour aller en vacances plus souvent ou offrir des loisirs aux enfants. À l’inverse de cela, on réfléchit d’une part au paiement des impôts en fin d’année et d’autre part à la préparation de la rentrée des marmailles. Sans cesse, on calcule pour joindre les deux bouts. Et nos enfants sont témoins de notre angoisse permanente.

« Est-ce la course au profit ? »

De quelle manière, vous pensez qu’il faudrait agir pour un meilleur pouvoir d’achat ?


- Je n’ai pas réponse “miracles” à votre question. Est-ce le passage du franc à l’euro qui est responsable de cette aggravation des prix ? Est-ce la course au profit ? Nous cache-t-on des données sur la formation des prix ? Ce sont autant de questions que je me pose et auxquelles je souhaiterais des réponses claires et précises.

Même si cette famille dépense moins en produits de la table et d’entretien, ce n’est pas pour autant qu’elle réalise de vraies économies. Elle a à payer aussi la mutuelle, les tickets de bus, la note d’eau, d’électricité, d’essence, du gaz, d’Internet, de téléphone — fixe et mobile —, la taxe d’habitation, etc. Elle compte tous ses sous, rien n’est « fantaisie ». Heureusement, confie-t-elle « on n’a pas de loyer à payer ».

Cette famille est consciente qu’il existe des situations bien plus graves que la sienne et souhaite que de véritables solutions soient trouvées pour une vie décente.


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